ZAC Tucard à Saint-Orens : L'Orée du Bois, le dernier chantier
À l'est de Toulouse, sur les coteaux de Saint-Orens, la ZAC Tucard avance par étapes depuis bientôt vingt ans. Deux de ses trois quartiers sont déjà habités. Le troisième, L'Orée du Bois, monte en puissance en 2026 autour d'un chantier-pivot : une école qui doit ouvrir à la rentrée.
Trois quartiers sur les coteaux
Tucard couvre 36 hectares au-dessus du centre-bourg, en lisière du coteau de Cayras, l'un des grands poumons verts de l'agglomération. La ZAC ne forme pas un bloc continu mais trois quartiers séparés, conçus pour s'inscrire dans le paysage du Lauragais.
À terme, l'opération doit accueillir un millier de logements, mêlant maisons individuelles et petits collectifs de trois étages maximum. La programmation, fixée par l'aménageur Oppidea, vise 30 % d'habitat social et 7 % d'accession sociale, avec à la clé une école, une crèche, une maison de quartier et 830 m² de commerces. Côté espaces publics : 20 hectares au total, dont 6 hectares de parcs.
Deux agences ont dessiné les premiers quartiers, Atelier Villes et Paysages et FCCH. Les espaces publics sont confiés au groupement OTEIS / CEREG. L'équipe d'urbanistes du troisième et dernier secteur, L'Orée du Bois, n'est pas encore désignée.
Mûriers et Jardins, deux quartiers déjà habités
Les Mûriers, c'est la séquence la plus urbaine. Le quartier s'organise autour d'une place haute, à moins de 600 mètres de la mairie, avec ses commerces, la Maison des associations, le Pôle municipal de cohésion sociale et un cabinet paramédical. L'habitat y est volontairement varié, ouvert sur un panorama qui plonge vers le vallon de la Marcaissonne.
Les Jardins de Tucard, plus calmes, donnent directement sur le parc. Le quartier joue la carte résidentielle, avec des placettes, des jardins boisés et des cheminements qui rappellent la ruralité d'origine.
L'Orée du Bois, dernier quartier en chantier
Au nord de l'opération, le long de la route de Revel, L'Orée du Bois prend forme à proximité immédiate du lycée Pierre-Paul Riquet et du futur parc du Belvédère. Sa silhouette dépendra largement du transport en commun en site propre que la Métropole prévoit sur cet axe.
En 2026, le calendrier du quartier est entièrement aligné sur un équipement : la nouvelle école.
Le futur groupe scolaire
Le futur groupe scolaire, le quatrième de Saint-Orens, pourra accueillir jusqu'à 260 élèves répartis dans neuf classes maternelles et élémentaires. Toulouse Métropole en assure la maîtrise d'ouvrage pour le compte de la commune, pour un budget d'environ 5 millions d'euros financé en partie par l'État et les collectivités.
Aux manettes côté conception : deux agences haut-garonnaises, REC Architecture (David Rechatin) et 3.architectes (Jérôme Fages). Le bâtiment vise la norme RE 2020, avec chauffage géothermique, panneaux photovoltaïques, récupération des eaux pluviales et matériaux à faible impact. Il intègre aussi une salle polyvalente ouverte directement sur l'extérieur (utilisable pour des réunions ou des expositions en soirée) et une cour végétalisée pensée comme un îlot de fraîcheur.
L'ouverture était initialement prévue à la rentrée 2025. Des études environnementales complémentaires, demandées par les autorités, ont décalé le calendrier d'un an. Fin de chantier maintenant attendue en août 2026, ouverture en septembre.
Les abords de l'école en travaux
L'année dernière a servi à préparer le terrain. Le city-stade a été déplacé début octobre 2025. Les bassins de rétention des eaux pluviales sont sortis de terre en novembre. Et le Réseau Express Vélo (REV) que pilote la Métropole, avec ses trottoirs associés, a bouclé sa séquence locale en décembre.
Depuis janvier, place aux abords directs de l'école. Oppidea fait sortir une voirie à double sens avec stationnement, qui prolongera la rue Caroline Aigle jusqu'au carrefour rue des Lauriers / avenue de Revel. À cela s'ajoutent le parvis de l'école et son parking paysager de 35 places, des venelles piétonnes, des pistes cyclables raccordées au REV. Les arbres et arbustes attendront l'automne 2026, la bonne saison pour planter.
Route de Revel : la RM2 et le Linéo 7 rebattent les cartes
Pendant que la ZAC se boucle, l'axe qui la traverse change lui aussi de visage. La Route Métropolitaine 2 (RM2) est en travaux, pour 35,7 millions d'euros entièrement à la charge de la Métropole. Côté Tucard, on annonce près de 150 nouveaux arbres. Le bilan publié par la ville fait état de 25 arbres abattus à l'hiver 2024-2025 et de 11 transplantés l'hiver suivant.
Côté bus, le secteur a basculé en septembre 2025 dans le nouveau réseau Linéo 7 de Tisséo, qui a remplacé l'ancienne ligne 78 en l'étendant. La ligne relie aujourd'hui Saint-Orens Piscine à l'Université Paul Sabatier, avec un arrêt baptisé sobrement « Orée du Bois », devenu pendant les travaux RM2 le point de report pour la clinique voisine.
Sur la plateforme participative de la Métropole, un riverain s'inquiète de la création d'un site propre de 500 mètres prévu pour les bus, à travers un champ situé derrière les immeubles de la rue des Lauriers, jusqu'au lycée Riquet. Il pointe surtout un déficit d'information sur ce point précis dans les supports de communication diffusés en parallèle de la concertation.
La gendarmerie, déjà sur place
L'école ne sera pas le premier équipement public de la ZAC. Une brigade de gendarmerie tient ses quartiers à Tucard depuis novembre 2022, inaugurée en présence du ministre de l'Intérieur. Construite par Promologis, elle aligne plus de 500 m² de locaux administratifs et techniques, doublés de 29 logements de fonction du T2 au T5 pour héberger les gendarmes et leurs familles.
Firmis, le voisin qui paie sa part
Firmis, c'est un secteur résidentiel de Saint-Orens collé à la ZAC mais qui n'en fait pas partie. Depuis 2013, Toulouse Métropole y prélève une surtaxe sur les permis de construire : 16 % de taxe d'aménagement au lieu du taux courant, par délibération du 7 novembre 2013. La règle vaut pour tout le monde : un habitant qui agrandit sa maison, un promoteur qui sort un programme neuf, une entreprise qui construit ses locaux. La somme récoltée finance les ouvrages qui souderont les deux secteurs : élargissement du chemin de Tucard, création d'un cheminement piéton, nouvelle voie entre la route de Revel et le chemin de Tucard, et aménagement d'un parc public commun.
Et après la rentrée ?
L'école ouverte, ses abords plantés et la RM2 terminée, L'Orée du Bois aura franchi son cap. Restera à désigner l'équipe d'urbanistes du secteur, à boucler les programmes immobiliers encore vacants, et à concrétiser le parc public adossé à Firmis. Vingt ans après ses premiers coups de pioche, et après une distinction de la commune en 2011 dans le cadre du dispositif « Capitale française de la Biodiversité » pour la conduite environnementale du projet, Tucard n'a pas encore livré son dernier hectare.