Découvrez l’immeuble en bois de la Cartoucherie : le Wood Art à Toulouse

Wood’Art : l’immeuble en bois au cœur de la Cartoucherie à Toulouse

Toulouse - Urbanisme & architecture - Miora R. le 02/01/2023

Wood’Art est installé dans l’écoquartier de la Cartoucherie à Toulouse. Il s’agit d’un immeuble en bois mélangeant hôtel, espaces de travail, commerces et logements. Le projet est inscrit dans le cadre du concours « immeuble à vivre bois » qui a pour principal objectif de promouvoir les constructions utilisant le bois comme matériau principal en France. Le projet est porté par Icade et intéressera certainement ceux qui veulent se lancer dans l’ achat d’un appartement neuf à Toulouse . Où en est le projet ? Pourquoi avoir choisi le bois ?

Un point sur le projet Wood’Art

 

Wood’Art est situé dans la ZAC de la Cartoucherie. C’est un projet d’ensemble immobilier comprenant un espace commercial de 2 790 m2, un hôtel de 1 770 m2, des logements sociaux, des logements en accession maîtrisée et un parking en sous-sol de 8 600 m2. Ce projet exceptionnel a été lauréat du concours Immeuble à vivre Bois 2017 (Adivbois). Il se distingue par l’engagement du promoteur Icade à construire un immeuble de 10 étages, avec un système porteur et des planchers composés à 76 % de bois. L’opération a été conçue par le cabinet Dietrich Untertrifaller Architectes, en collaboration avec Seuil Architecture. Au total, le projet s’étend sur 13 300 m2 de surface de plancher répartis sur trois bâtiments. Le premier est une tour de 10 étages qui accueillera un hôtel sur les cinq premiers niveaux et des logements en accession jusqu’au dixième étage. Le deuxième et le troisième bâtiment se divisent en logements en accession maîtrisée et en logements sociaux gravitant entre cinq et huit étages.

Les façades en bois de l’ensemble de Wood’Art ont été recouvertes de terre cuite bicolore. Le cofondateur de Seuil Architecture, Philippe Gonçalvès, a expliqué que ce choix architectural a été fait pour améliorer les performances techniques des bâtiments, d’une part, et d’autre part, pour éviter le désagrément du vieillissement du bois. La tour Wood’Art est un mélange bien dosé entre bois, structures métalliques et béton. L’équipe d’architectes a décidé d’utiliser d’autres matériaux pour mettre en valeur le bois et de permettre aux usagers d'avoir « un ressenti végétal » tout en limitant l’effet de surchauffe par rayonnement afin d’optimiser le confort pendant les périodes les plus chaudes de l’année.

Place à la verdure

Le projet Wood’Art à Toulouse présente également un grand jardin paysager et vallonné positionné sur le socle. Le cœur d’îlot végétalisé offre une biodiversité apaisante pour les résidents en permettant de reconstituer une nature dense et variée. On y retrouve toutes les composantes d’une biodiversité riche et réelle : microfaunes, oiseaux, insectes pollinisateurs, arbres, bulbes, arbustes et herbacés. Le poumon vert est installé sur le toit des commerces et participera à la suppression des îlots de chaleur.

Un recours au béton pour des questions de sécurité

Pour le chantier de Wood’Art à Toulouse, les équipes de construction ont dû utiliser du béton. L’utilisation de ce matériau a été adaptée en fonction de la robustesse des supports et des niveaux de chargements, pour des questions de stabilité et de sécurité de l’ouvrage. Afin d’intégrer toutes les contraintes réglementaires et techniques, quelques ajustements ont été nécessaires. Parmi les plus importants, on notera l’installation d’un séparatif coupe-feu en béton entre la partie privative de la tour et la partie hôtel. D’ailleurs, le projet a également profité de l’expertise du groupe Socotec, spécialisé dans la maîtrise des risques. Efectis a produit un avis de laboratoire en ce qui concerne la conformité de la réglementation incendie des façades.

Le responsable du pôle bois du bureau d’études Terrell Group (partenaire du projet), Philippe Bontemps, a précisé que l’étanchéité à l’eau des façades a été assurée sur le chantier pour protéger efficacement les ossatures en bois intégrées. Il a ajouté que des noyaux en béton et des palets de stabilité en acier ont été installés pour améliorer le confort vibratoire de la tour. Enfin, pour prévenir les risques d’incendie, des isolants minéraux ont aussi été utilisés, à l’instar des laines de roche dans les murs.

 

Un approvisionnement en bois au niveau local

 Wood Art Toulouse – un tas de troncs d’arbres
© Krasula - Shutterstock

C’est une des particularités du projet Wood’Art à Toulouse, les bois utilisés pour la construction proviennent de la région. Les bois locaux ont servi pour la fabrication des ossatures, des murs et des planchers, qui sont préfabriqués en atelier. Les poutres sont composées de 150 m3 de bois pour l’ossature et de 200 m3 de bois lamellé-collé posés. Pour la réalisation de cet ouvrage, les volumes nécessaires ont été coupés dans les forêts d’Occitanie.

Des immeubles bas carbone

Toujours dans une démarche de protection de l’environnement, on remarque l’ambition écoresponsable du projet Wood’Art à travers les certifications dont il dispose : le label bâtiment bas carbone, le label Bâtiment durable Occitanie, le label Biosourcé et NF Habitat HQE. Par ailleurs, la construction répond aussi aux exigences du label E+ C-, qui préfigure dans la RE2020, obligatoire pour les logements en Pinel Plus.

L’hôtel Eklo

La structure hôtelière de Wood’Art va être chapeautée par Eklo Hôtels. Ce dernier adopte un concept assez atypique, entre auberge de jeunesse et hôtellerie. La chaîne d’hôtels est composée de bâtiments proposant une centaine de chambres. Pour la grande majorité, il s’agit d’hôtels avec une ossature en bois, conformes au label Bâtiment basse consommation (BBC) et à très faible consommation énergétique. Le groupe a pour philosophie de sensibiliser ses clients autour des thématiques de la pollution et du respect de l’environnement. Eklo Hôtels a adopté un système constructif qui permet de produire des hôtels de qualité de manière très rapide, sans polluer.

Un projet innovant

Wood’Art mise sur l’innovation en proposant une construction engendrant la plus faible empreinte énergétique possible. Cet engagement en faveur du développement durable veut casser les codes de construction et bousculer les mauvaises habitudes prises dans ce milieu. Il faut savoir que ce projet atteint le niveau de performance BEPOS E3C2. Le Bbio (Besoin Bioclimatique) de Wood’Art est exemplaire, il affiche une conception thermique performante, grâce à un travail de fond sur l’isolation, la compacité et le traitement des ponts thermiques. Les besoins caractérisés par le coefficient Bbio sont réduits de 43 à 69 %, en comparaison avec un bâtiment standard.

Pourquoi utiliser le bois ?

 Wood Art Toulouse – charpentier qui travaille du bois
©BONDART PHOTOGRAPHY - Shutterstock

L’utilisation du bois est aujourd’hui de plus en plus courante dans l’univers de la construction. Son plus gros avantage est de permettre d’obtenir un chantier à la fois sec et propre. La production de déchets ainsi que la consommation d’eau sur les chantiers sont fortement réduites en utilisant des matières sèches et naturelles. Par ailleurs, le bois offre également un gain de temps non négligeable. Selon les constructeurs, le délai de livraison des chantiers est deux fois plus rapide pour les immeubles en bois par rapport aux immeubles traditionnels.

Le bois a aussi cette particularité d’offrir une isolation phonique et thermique de grande qualité. En effet, il isole 350 fois plus que l’acier, 12 fois plus que le béton et 6 fois plus que la brique. Enfin, le bois participe énormément à la lutte contre le réchauffement climatique, étant donné qu’il s’agit d’un consommateur important de CO2. Avec les techniques de traitement actuelles, le bois peut offrir une meilleure performance face aux incendies, notamment grâce à des produits ignifugés.

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