PTZ parentalité : un prêt à taux zéro pour les parents, même déjà propriétaires
Le gouvernement veut créer un prêt à taux zéro réservé aux parents dans le budget 2027. Confirmé par le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, le 20 septembre 2026, le « PTZ parentalité » serait accessible dès la grossesse et jusqu'aux 3 ans de l'enfant. Contrairement au PTZ actuel, il serait ouvert aux ménages déjà propriétaires qui veulent acheter plus grand. Le projet de loi de finances sera présenté le 30 septembre 2026 ; le dispositif doit encore être voté.
Évoqué par Sébastien Lecornu, confirmé par Vincent Jeanbrun le 20 septembre 2026
Le Premier ministre a évoqué la mesure le premier. Le 17 septembre 2026, dans un entretien au Figaro consacré à un effort budgétaire d'environ 54 milliards d'euros, Sébastien Lecornu n'excluait pas « des mesures de soutien aux familles, par exemple avec la création d'un "prêt à taux zéro natalité" pour faciliter l'accès à la propriété d'un logement adapté pour les familles ».
Le ministre de la Ville et du Logement l'a confirmée le dimanche 20 septembre 2026 sur Europe 1, au lendemain de l'annonce du gel des APL (aides personnalisées au logement) pour 2027. Il en attend aussi un effet sur le reste du marché immobilier.
« Dans ce budget, il y aura un nouveau dispositif : un prêt à taux zéro parentalité. […] [Ce dispositif] aidera les familles françaises à devenir propriétaires quand elles auront un nouvel enfant. […] Et ça change tout, ça permet aussi d'ouvrir toute la chaîne du parcours résidentiel parce que ces personnes, en achetant plus grand, libèrent un logement plus petit. »
Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, Europe 1, 20 septembre 2026
Qui pourrait bénéficier du PTZ parentalité ?
Le Parisien a publié les conditions envisagées le 18 septembre 2026. Vincent Jeanbrun y résume l'objectif : « Dès le premier enfant, nous créerons un PTZ Parentalité pour faciliter l'agrandissement des familles contraintes par des taux d'intérêt trop élevés. »
Le PTZ (prêt à taux zéro) est un crédit aidé par l'État : l'emprunteur rembourse le capital, sans intérêts ni frais de dossier. Selon le quotidien, le PTZ parentalité reprendrait l'essentiel des règles du PTZ actuel, à une exception près : il ne serait pas réservé aux primo-accédants.
- Déclencheur : dès le premier enfant, y compris pendant la grossesse, et jusqu'aux 3 ans de l'enfant.
- Logements : achat dans le neuf comme dans l'ancien.
- Propriétaires : les ménages déjà propriétaires y auraient accès.
- Cumul : le prêt serait cumulable avec un PTZ classique encore en cours de remboursement.
Les plafonds de ressources resteraient ceux du PTZ en vigueur. Pour un couple avec un enfant, le revenu fiscal de référence de l'année N-2 ne devrait pas dépasser 88 200 € à Paris et 62 100 € à Brest. Ce sont les plafonds actuels pour trois personnes en zones A bis et A d'un côté, en zone B1 de l'autre.
Le PTZ classique est aujourd'hui refusé à tout ménage qui a été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant le prêt. Le PTZ parentalité supprimerait cette condition pour les parents.
Jusqu'à 180 000 € : quel montant selon sa situation ?
Le montant de 180 000 €, repris par MoneyVox le 21 septembre 2026, ne vaut que pour un ménage d'au moins cinq personnes, en zone A bis ou A, dans la tranche 1 (revenus les plus modestes), pour un logement neuf en immeuble collectif.
Il découle des règles actuelles. En zones A bis et A, le coût de l'opération pris en compte est plafonné à 360 000 € à partir de cinq occupants. Dans le neuf collectif, le PTZ peut en financer 50 % pour la tranche 1.
360 000 € × 50 % = 180 000 €, soit le plafond actuel du PTZ classique dans le neuf collectif.
Le montant maximal est donc identique à celui du PTZ existant. Dans toute autre configuration, le plafond est plus bas.
Trois paramètres fixent le montant du prêt
Si le PTZ parentalité reprend les règles du PTZ actuel, son montant dépendra de la zone du logement, du nombre d'occupants et de la tranche de revenus du ménage.
- Le coût de l'opération retenu : il est plafonné selon la zone et la taille du foyer. Pour trois personnes, ce plafond va de 180 000 € en zone C à 270 000 € en zones A bis et A.
- La tranche de revenus : le revenu fiscal de référence N-2 est divisé par un coefficient familial (1,8 pour trois personnes, 2,1 pour quatre). Si le coût de l'opération divisé par 9 est plus élevé que ce revenu, c'est ce montant qui sert au calcul.
- La quotité : c'est la part du coût financée par le PTZ. Dans le neuf collectif, elle atteint 50 % en tranche 1, 40 % en tranches 2 et 3 et 20 % en tranche 4. Dans le neuf individuel, elle est de 30 %, 20 % et 10 %.
Selon Le Parisien, le remboursement s'étalerait sur 15 à 25 ans, avec un différé possible pour les revenus modestes. Pour connaître la zone d'une commune, le simulateur de zone PTZ 2026 donne la réponse en quelques secondes.
Couple avec un enfant à Toulouse : jusqu'à 135 000 €
Le PTZ parentalité viserait d'abord les parents d'un premier enfant, soit un foyer de trois personnes. Toulouse est classée en zone A. Pour un appartement neuf, les montants maximaux seraient les suivants :
| Tranche | Revenu fiscal de référence N-2 du foyer | Part financée (neuf collectif) | PTZ maximal |
|---|---|---|---|
| 1 | Jusqu'à 45 000 € | 50 % | 135 000 € |
| 2 | De 45 001 à 55 800 € | 40 % | 108 000 € |
| 3 | De 55 801 à 66 600 € | 40 % | 108 000 € |
| 4 | De 66 601 à 88 200 € | 20 % | 54 000 € |
À l'arrivée d'un deuxième enfant, le foyer compte quatre personnes. Le coût retenu passe alors à 315 000 € en zone A, soit un PTZ maximal de 157 500 € en tranche 1.
Dans les communes de la métropole classées en zone B1, comme Balma ou Cugnaux, le plafond pour trois personnes descend à 243 000 €. Le PTZ y atteindrait au plus 121 500 €.
Un montant limité par les autres prêts
Le PTZ complète un crédit principal. En tranches 2 à 4, il ne peut pas dépasser le montant des autres prêts de plus de deux ans souscrits pour l'achat.
Cette règle pèse surtout sur les parents déjà propriétaires. En revendant leur logement, ils disposent souvent d'un apport important et empruntent moins : le PTZ peut alors rester sous son montant théorique.
Un couple est propriétaire d'un deux-pièces dans une ville classée en zone B1. Il attend son premier enfant et cherche un trois-pièces neuf, en immeuble collectif, à 280 000 €. Son revenu fiscal de référence de l'année N-2 est de 50 000 €.
Aujourd'hui : pas de PTZ, puisque le couple est déjà propriétaire.
Avec un PTZ parentalité aux règles actuelles : 50 000 € ÷ 1,8 (coefficient familial pour trois personnes) = 27 778 €, ce qui place le couple en tranche 3 en zone B1. Le coût de l'opération retenu est plafonné à 243 000 €. Le prêt à taux zéro atteindrait 243 000 € × 40 % = 97 200 €.
Emprunté au taux moyen d'août 2026 sur 20 ans (3,27 %, hors assurance), le même capital coûterait environ 35 000 € d'intérêts, pour une mensualité d'environ 550 €.
Ce calcul donne un ordre de grandeur : il suppose que le PTZ parentalité reprendra les règles du PTZ actuel. Le décret d'application fixera les quotités, les durées et les différés. La banque qui distribue le PTZ reste par ailleurs libre d'accorder ou non le crédit principal.
Une proposition de loi plus large, adoptée en commission en mai 2026
Un texte parlementaire poursuit le même objectif depuis le printemps. Le 14 avril 2026, la députée Constance de Pélichy (LIOT, Loiret) a déposé la proposition de loi n° 2679 pour « faciliter l'accès au logement des familles par la création d'un prêt à taux zéro ». La commission des finances de l'Assemblée nationale l'a adoptée le 19 mai 2026.
L'exposé des motifs cite une étude Odoxa du 11 janvier 2026 selon laquelle « un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement ».
Ce texte va plus loin que le projet du gouvernement sur deux points : il ne pose aucune condition de revenus et reste ouvert jusqu'aux 5 ans de l'enfant. Il plafonne en revanche le prêt à 100 000 €.
| Critère | PTZ classique (en vigueur) | PTZ parentalité (projet du gouvernement) | PTZ familial (proposition de loi n° 2679) |
|---|---|---|---|
| Public | Primo-accédants | Parents, y compris propriétaires | Parents, y compris propriétaires |
| Plafond de revenus | Oui | Oui, identiques au PTZ classique | Non |
| Fenêtre | — | De la grossesse aux 3 ans de l'enfant | De la grossesse aux 5 ans de l'enfant |
| Montant maximal | 180 000 € | 180 000 € | 100 000 € |
| Statut au 23 septembre 2026 | En vigueur | Annoncé pour le budget 2027 | Adopté en commission |
Quand le PTZ parentalité pourrait-il entrer en vigueur ?
Le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté en Conseil des ministres le 30 septembre 2026, puis examiné par le Parlement. Selon Le Parisien, le PTZ parentalité coûterait environ 100 millions d'euros par an à l'État et pourrait être demandé jusqu'au 31 décembre 2027.
Les parlementaires peuvent modifier le montant, la fenêtre d'âge ou les plafonds. Sébastien Lecornu a promis qu'il n'y aurait « ni 49.3, ni ordonnances » : le budget devra donc être voté, et chaque article pourra être amendé en séance.
Tant que la loi de finances n'est pas promulguée et son décret d'application publié, le PTZ parentalité n'ouvre aucun droit. Signer un compromis de vente en comptant sur ce prêt reste un pari.
Primo-accédant avec un enfant : faut-il attendre 2027 ?
Pour un achat dans le neuf, non. Un ménage qui n'a pas été propriétaire de sa résidence principale depuis deux ans peut déjà obtenir un PTZ classique, avec les mêmes plafonds de ressources. Depuis les offres émises en avril 2025, ce prêt finance un logement neuf partout en France, sans condition de zone.
Dans l'ancien, la réponse dépendra du décret. Le PTZ classique n'y est accordé qu'en zones B2 et C, pour un logement avec des travaux représentant au moins 25 % du coût de l'opération. Les informations publiées à ce jour ne disent pas si le PTZ parentalité conserverait ces restrictions.
Pour chiffrer un projet dès maintenant, les règles actuelles s'appliquent : consultez notre guide du PTZ 2026 dans le neuf et simulez votre capacité d'emprunt.
Les parents déjà propriétaires, exclus aujourd'hui du PTZ par la règle des deux ans, sont les premiers concernés. S'ils envisagent d'acheter en 2027, ils peuvent déjà repérer les programmes immobiliers neufs de trois et quatre pièces compatibles avec leur budget.