Pont Papu Rennes : démolition en 2026, nouvelle passerelle en 2028

Démolition du Pont Papu à Rennes : place à une passerelle piétons-vélos

Rennes - Urbanisme & architecture - Hervé Koffel le 03/09/2026

Le pont Papu vit actuellement ses derniers moments, avant que Rennes Métropole n'engage sa démolition à partir de ce mois de septembre 2026, entre Bourg-l'Évêque et la rue de Brest. À la place s'élèvera une passerelle réservée aux piétons et aux vélos, sans retour des voitures. La traversée de l'Ille doit rouvrir à l'été 2028.

Pourquoi le pont Papu ne rouvrira pas aux voitures

Le pont Papu date de 1949. Les services l'avaient rebâti sur les appuis d'un ancien ouvrage bombardé pendant la Seconde Guerre mondiale. Dès 1992, des experts repèrent une corrosion dans les câbles de précontrainte. Le mal s'aggrave au fil des inspections. En 2014 et 2015, le tonnage tombe à 3,5 t. Fin 2017, puis en 2018, les véhicules motorisés sont bannis. En 2020, une expertise juge la réhabilitation impossible.

Un rapport de 2023 conclut à un risque d'affaissement du tablier. La Ville ferme alors le pont à tous, piétons et cyclistes compris, le 27 octobre 2023. La remise en service routière a depuis été écartée.

Trois ans de blocage, un collectif et un vote au conseil

Le quartier a vécu la fermeture comme une coupure. Les riverains sont associés au dossier depuis fin 2023, et une réunion publique présente les scénarios en février 2025, avant une présentation aux habitants en juin 2025. Le programme est voté au conseil municipal le 26 janvier 2026.

Entre-temps, l'attente a nourri la colère. Des habitants s'organisent en collectif. Au printemps 2025, la mobilisation monte d'un cran, entre pétition et manifestation le 23 mai. « Nous avons créé un collectif parce que rien ne bougeait », résume Véronique, l'une des riveraines mobilisées.

Le quartier privé de traversée directe, le temps des travaux

Le chantier de déconstruction démarre à partir de septembre 2026 et court jusqu'à l'automne. Le secteur perd son franchissement direct entre la rue Papu, côté Bourg-l'Évêque, et la rive de Saint-Brieuc. Poussettes, personnes âgées et usagers à mobilité réduite paient la facture la plus lourde. Un habitant qui rejoignait l'autre rive par la rue Papu doit désormais contourner par les franchissements voisins. Ce détour du quotidien pèse sur un secteur recherché, où se concentrent plusieurs programmes neufs à Bourg-l'Évêque.

Le site accumule les contraintes, avec notamment un périmètre de monuments historiques, une zone de prescriptions archéologiques, un diagnostic pyrotechnique hérité des bombes de 1944 : chaque volet suppose un feu vert distinct. S'y ajoutent une déclaration au titre de la loi sur l'eau et un diagnostic faune-flore mené sur quatre saisons. Autant d'étapes qui expliquent la longueur du calendrier.

Une passerelle de 38,2 mètres pour piétons et vélos

La future passerelle mesurera 38,2 m de long et 5 m de large. Elle prendra place sur les appuis de l'ancien pont. Piétons et cyclistes y circuleront à double sens. La passerelle doit aussi être accessible aux personnes à mobilité réduite. Les projections tablent sur environ 2 500 piétons et 435 vélos par jour.

L'ouvrage prolongera une continuité douce pensée pour les trajets du quotidien. Autour, la Ville végétalise : arbres dans l'axe de la rue Papu, sols désimperméabilisés, éclairage rénové, nichoirs pour chauves-souris.

1,6 million d'euros et une mise en service à l'été 2028

Le coût prévisionnel de l'opération atteint 1,6 M€, mais le montant n'a rien de définitif à ce stade. Le calendrier s'étire : conception en 2026 et 2027, préfabrication à l'hiver 2027, montage sur site au printemps 2028. La passerelle doit ouvrir à l'été 2028, les plantations suivront en fin d'année.

Là où un pont portait des voitures depuis l'après-guerre, un tablier léger ne laissera passer que des marcheurs et des cyclistes. Bien sûr, le choix n'a pas fait l'unanimité au conseil. Le 26 janvier 2026, Charles Compagnon, président du groupe Libres d'Agir pour Rennes, juge le dossier « emblématique de la manière dont la majorité municipale a gouverné Rennes pendant tout le mandat : le laisser-aller, la contrainte, la solution au rabais ». La majorité défend une décision dictée par l'état de l'ouvrage. Les riverains, eux, attendent surtout la fin de trois ans de détours.

RepèreValeurPortée
Longueur de la passerelle38,2 mSur les appuis de l'ancien pont
Largeur5 mDouble sens piétons et vélos, accès mobilité réduite
Fréquentation projetée2 500 piétons / 435 vélos par jourÀ terme
Coût prévisionnel1,6 M€Non définitif
Démolition du pontSeptembre à automne 2026Ouvrage de 1949, fermé depuis le 27 octobre 2023
Mise en serviceÉté 2028Plantations en fin d'année 2028

La passerelle renforcera le maillage cyclable de l'ouest rennais. À proximité, la future ligne T2 du Trambus doit emprunter le mail François-Mitterrand, où des aménagements piétons et cyclables sont aussi prévus.

La future passerelle du pont Papu illustre bien le tournant que prend la métropole Rennaise concernant les mobilités douces et la réduction de l'usage des voitures. Pour les habitants du secteur, la desserte à pied et à vélo pèse désormais autant que la voiture dans le choix d'un logement à Rennes.

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