Place de Bretagne à Rennes : un an de travaux avant les Trambus
D'avril 2027 à mars 2028, la place de Bretagne, la place Maréchal-Foch et le quai d'Ille-et-Rance passeront au chantier. Rennes Métropole et la Ville de Rennes y refont une voirie usée, et en profitent pour tout redistribuer : voitures d'un côté, bus et Trambus de l'autre.
Une chaussée de l'an 2000 qui a fait son temps
La place de Bretagne, c'est la jonction de tout : le boulevard de la Liberté, le boulevard de la Tour d'Auvergne, les quais, deux ponts sur la Vilaine, et des dizaines de bus par heure.
Les revêtements datent de 2000, et plus de vingt-cinq ans de trafic plus tard, la chaussée accuse le coup. Les pavés sont le point noir : ils résonnent et coûtent de plus en plus cher à entretenir, selon la Ville de Rennes.
Romain Poujol, adjoint délégué aux Mobilités et aux Déplacements, évoque « un impératif de maintenance de la voirie ». Plutôt que de refaire à l'identique, la collectivité redessine la place avant les Trambus.
Pour les riverains comme pour les futurs acheteurs d'un logement à Rennes, il fixe la desserte de cette entrée de centre-ville pour la décennie.
5,56 millions d'euros pour douze mois de travaux, montant annoncé en séance le 28 septembre 2026.
Les bus prennent un pont, les voitures l'autre
La circulation générale sera regroupée dans les deux sens sur la rive ouest. La rive est passera aux transports en commun, avec une nouvelle station « Place de Bretagne » pour les lignes métropolitaines et le réseau régional BreizhGo.
Le pont de la Mission accueillera une voie dédiée aux transports collectifs : les futures lignes de Trambus T1, T2 et T3, plus six lignes de bus (53, 54, 55, 56, 154 ex et 155 ex). Les voitures basculeront sur le pont de Bretagne. Plus au nord, la rue Nantaise et la rue de la Monnaie verront leur sens inversé, pour faire sortir le trafic de l'hypercentre par le quai Saint-Cast.
Le futur plan de circulation des transports en commun installe trois pôles de correspondance en centre-ville : République pour les trois lignes de Trambus, Gares pour les chronostar et les cars BreizhGo, Charles-de-Gaulle pour les lignes métropolitaines de l'ouest. La place de Bretagne n'en fait pas partie : elle devient l'itinéraire qui les relie par l'ouest, quand les bus cesseront de traverser République.
Un carrefour équipé avant d'être desservi
Le Trambus est un bus articulé à haut niveau de service, majoritairement en voie dédiée et prioritaire aux feux. Son déploiement se fait par étapes, et aucune des trois lignes attendues dans le secteur n'ouvrira avant 2028. Le détail des tracés des quatre lignes de Trambus rennaises éclaire la logique du réseau.
À noter que le chantier de la place de Bretagne n'est pas celui du Trambus. Les lignes se construisent ailleurs dans la métropole ; ici, la voirie se contente de les préparer.
Cinq échéances se télescopent dans le secteur, et la plupart tombent la même année.
| Échéance | Les changements dans le secteur |
|---|---|
| Avril 2027 à mars 2028 | Travaux de voirie place de Bretagne, place Maréchal-Foch et quai d'Ille-et-Rance |
| Début 2028 | Mise en service de la ligne de Trambus T2 |
| Courant 2028 | Entrée en vigueur du nouveau plan de circulation des bus |
| Printemps 2028 | Ouverture du pôle de correspondance Charles-de-Gaulle |
| Fin 2028 | Fin de l'aménagement des espaces publics des quais de Vilaine |
| Fin 2029 | Mise en service de la ligne T1 |
| Horizon 2030 | Mise en service de la ligne T3 |
Du vert dans un secteur de bitume
L'opération ajoute 1 700 m² de surfaces revégétalisées au périmètre, 2 000 m² désimperméabilisés et sept arbres supplémentaires.
Ces surfaces se glissent dans la voirie : terre-pleins, abords, bandes plantées. Trottoirs, stationnements et espaces verts sont conservés, et la partie est de la place ne bougera pas, jardin et « Baigneuses » de Gérard Collin-Thiébaut compris.
À deux pas, l'aménagement des quais de Vilaine en prévoit 184 sur les quais nord. Pour ce chantier de 29 millions d'euros, les espaces publics sont livrés par phases jusqu'à la fin 2028, les abords du Palais du Commerce suivant en 2029.
Le vélo gagne un mètre, les piétons un passage
La piste bidirectionnelle nord-sud sera déplacée, séparée de la circulation et portée de 3 à 4 mètres de large. Au nord, des aménagements dédiés doivent réduire les frottements entre vélos et piétons autour de la place Maréchal-Foch.
Aux beaux jours de 2018, la borne du pont de la Mission relevait 1 800 à 2 000 vélos par jour. Elle en compte aujourd'hui 2 500 à 3 500.
Côté piétons, l'ambition est de recoudre : retrouver une continuité de marche vers le mail François-Mitterrand, les quais de Vilaine, République et les Portes Mordelaises.
« Que restera-t-il des aménagements de 2018 ? »
Le projet n'a pas fait l'unanimité au conseil municipal de Rennes du 28 septembre 2026. Antoine Cressard, pour l'opposition, a rappelé la succession des chantiers : 2012-2013 pour les espaces piétons, 2018 pour les circulations et la piste bidirectionnelle. Neuf ans après l'avoir financée, la collectivité la déplace.
Il réclame le détail de ce qui sera conservé, déposé ou refait, et les études de trafic. Il insiste aussi sur les commerces, déjà fragilisés par la démolition du parking Vilaine.
À gauche, Louis Amiot (Groupe Insoumis, Écologiste et Citoyen) partage l'objectif mais regrette l'inverse : l'absence de fermeture totale à l'automobile. Il redoute un engorgement autour du carrefour.
L'adjoint a répondu sur les deux fronts. Des feux régulateurs en amont et en aval doivent lisser les flux. Pour les commerçants, des travaux de nuit sont envisagés, et le chantier serait allégé sur le temps de midi.
« Nous faisons aujourd'hui des travaux qui répondent aux besoins d'aujourd'hui, mais qui anticipent aussi le fonctionnement du réseau de demain. »
Romain Poujol, conseil municipal du 28 septembre 2026 (Rennes Infos Autrement)
Habiter à côté d'un chantier d'un an
La collectivité attend environ 6 500 montées et descentes de voyageurs par jour sur la place à l'horizon 2030, et la station de métro République reste à quelques centaines de mètres.
Cela implique douze mois de bruit, de déviations et d'accès modifiés, dans un secteur déjà remué par les travaux des quais. Les logements qui donnent sur la place en subiront l'essentiel.
Les futures lignes desservent aussi Saint-Grégoire, la route de Lorient, Cesson-Sévigné et Chantepie, quatre secteurs que le Trambus rapprochera du centre.