Jean-Coquelin : 15 M€ pour réaménager avec des logements neufs

Rennes La Pommeraie : le site sportif Jean-Coquelin s'ouvre au logement

Rennes - Urbanisme & architecture - Hervé Koffel le 29/09/2026

Le stade Jean-Coquelin pourrait changer de main et de visage. La Ville de Rennes, SNCF Immobilier et le comité d'entreprise de la SNCF ont posé un protocole sur la table. Il rebat le partage d'une emprise ferroviaire, entre sport reconstruit et logements à venir.

Renouvellement urbain à La Pommeraie : trois signatures avant la fin de l'année

La délibération portait le numéro 5 à l'ordre du jour du conseil municipal de Rennes, le lundi 28 septembre 2026. Son intitulé ne laisse guère de place au doute : reconstitution des équipements sportifs du secteur Jean-Coquelin. L'engagement lie la Ville, SNCF Immobilier et le Comité Activités Sociales Interentreprises (CASI), qui gère le patrimoine social des cheminots bretons.

Le projet a été rendu public le 24 septembre 2026, dans un communiqué de la Ville de Rennes. La signature du protocole, elle, est calée au quatrième trimestre 2026. Le document n'est ni un permis de construire ni un ordre de service : il fixe un cadre, une répartition des rôles et une ambition.

62 000 m² : la superficie du site Jean-Coquelin, en bord de voie ferrée, aujourd'hui propriété de la SNCF.

Le complexe des cheminots reconstruit sur place, pas déplacé

La Ville de Rennes doit devenir maître d'ouvrage des nouveaux équipements, pour près de 15 M€. Les installations couvertes et extérieures seraient rebâties sur l'emprise actuelle, pas transférées ailleurs.

Le programme annoncé comprend :

Le futur complexe devra satisfaire aux exigences des fédérations pour accueillir des compétitions officielles. La Ville le veut « ouvert à toutes et tous », au-delà des seules associations de cheminots.

La municipalité annonce conserver et moderniser l'ensemble des équipements actuels. La liste rendue publique ne mentionne pourtant ni courts de tennis ni salle omnisports, deux équipements pourtant recensés sur le site par la presse locale.

Côté énergie, le dossier avance plusieurs pistes : matériaux biosourcés, géosourcés ou peu carbonés, raccordement au réseau de chaleur, panneaux photovoltaïques. S'y ajoutent la réutilisation de l'eau de pluie pour l'arrosage et les sanitaires, et une conception bioclimatique.

La partie ouest du stade Jean-Coquelin resterait à la SNCF

Marc Hervé, premier adjoint chargé de l'urbanisme, a détaillé le partage du foncier devant la presse locale. L'argument de la Ville tient en une phrase : « Les équipements sont vétustes ».

Selon l'élu, la SNCF ne souhaite pas assumer la remise en état de ses installations. Les terrains sportifs deviendraient donc municipaux, sans que les clubs résidents soient délogés. La frange ouest, elle, resterait propriété du groupe ferroviaire, réservée à de la valorisation immobilière. Le futur bâtiment du Centre Multi-Activités (CMA) suivrait le même régime, toujours selon le premier adjoint. Le CMA pilote les activités des associations sportives de la SNCF.

Aucun chantier ne démarre : Jusqu'au lancement effectif du projet, la gestion du site et l'accueil des associations restent assurés par le CASI.

Des logements à La Pommeraie, mais aucun volume avancé

Le reste de l'emprise doit accueillir du logement. C'est tout ce que disent les documents officiels : ni nombre de logements, ni typologies, ni part de logement social, ni promoteur, ni calendrier de commercialisation.

Le site coche en revanche une case que Rennes Métropole regarde de près. Son programme local de l'habitat 2023-2028 fixe un cap de 5 000 logements par an, dont 1 250 HLM. Il demande aussi que 10 % de cette production sorte du bâti existant : surélévations, friches, bureaux transformés.

Jean-Coquelin n'entre pas dans cette catégorie, mais dispose de la même volonté : bâtir sur un terrain déjà artificialisé plutôt que sur des terres agricoles. C'est la logique du ZAN (zéro artificialisation nette), fixé par la loi Climat et résilience du 22 août 2021. Le texte vise l'absence d'artificialisation nette en 2050, avec un palier de réduction de moitié de la consommation d'espaces d'ici 2031.

Le marché, lui, a changé de rythme. Au deuxième trimestre 2026, l'appartement neuf réservé sur Rennes Métropole se négociait à 4 545 €/m². Le repli atteint 3 % sur un an, selon l'observatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers, quand la moyenne nationale s'établit à 5 034 €/m². Les logements de Jean-Coquelin, eux, sortiront de terre dans un tout autre cycle. Un repère utile pour qui suit les prix de l'immobilier neuf à Rennes.

Les riverains redoutaient le projet depuis quelques années

En 2019 déjà, des habitants du secteur du cimetière de l'Est s'alarmaient dans la presse locale. Ils voyaient venir la disparition du complexe sportif et une opération immobilière de grande ampleur sur les terrains de la SNCF. À Rennes, la densification alimente les pétitions de quartier depuis des années.

Sept ans plus tard, le protocole répond à la première crainte et laisse la seconde entière. Hauteurs et volumes ne seront connus qu'après les études, comme sur les autres programmes neufs à Rennes issus d'emprises ferroviaires.

Un projet qui ne verra pas le jour avant le début des années 2030

Études, procédures d'urbanisme, puis travaux : l'exécutif rennais table sur une livraison des équipements sportifs à l'horizon 2032. Le volet résidentiel, lui, dépendra du calendrier de SNCF Immobilier et des autorisations à venir. Au lendemain de la séance du 28 septembre 2026, la Ville n'avait toujours pas publié le détail du vote.

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