Route de Vannes : 4 500 à 5 000 logements pour transformer la ville commerciale
La route de Vannes ne restera plus longtemps un couloir de hangars et de parkings. Nantes Métropole, Orvault et Saint-Herblain veulent y installer 4 500 à 5 000 logements à long terme. Sans effacer sa vocation commerciale, ni tout livrer d'un seul bloc.
Une route de commerces hérités des années 1960
Tout commence en 1962, lorsque les premières grandes surfaces sortent de terre à l'entrée ouest de Nantes. En 1967, le magasin Record ouvre ses portes. C'est le quatrième hypermarché de France, le premier du Grand Ouest. L'embouteillage dure une semaine entière.
Conforama suit en 1975. Les enseignes s'alignent le long de l'axe. Dès 1987, sur les cinq kilomètres de la voie, il ne reste presque plus un terrain libre. La zone commerciale a mangé l'entrée de ville. Le tramway, lui, revient par étapes à partir des années 2000. Premier signe d'une entrée de ville que la métropole veut moderniser.
Soixante ans plus tard, la route de Vannes reste le premier pôle commercial de l'agglomération. La Ville de Saint-Herblain y recensait, en octobre 2025, environ 350 enseignes et entreprises pour 7 200 emplois. Un poids lourd économique, mais un territoire pensé pour la voiture.
4 500 à 5 000 logements, mais pas avant 2030-2035
À terme, le secteur pourrait accueillir plusieurs milliers de logements, selon le rapport annuel 2024 de Nantes Métropole. Des chiffres qui impressionnent, certes, mais qui restent étalés sur une décennie. Le projet dans son ensemble, lui, prend des dimensions plus colossales puisque son aboutissement est prévu à horizon 2050.
4 500 à 5 000 logements visés à long terme sur la route de Vannes, dont environ 1 500 étaient déjà en cours d'études en 2024.
Les promoteurs n'ont pas attendu le plan d'ensemble pour prospecter. De quoi étoffer, à terme, l'offre de programmes neufs à Nantes. Pour l'acheteur, la promesse tient en une image : du neuf à deux pas des commerces et du tramway, une attractivité décuplée pour l'ouest nantais.
Le rythme dépend bien sûr des fonciers disponibles, des opérateurs et des règles du PLUm, le plan local d'urbanisme métropolitain. Autant dire une géométrie mouvante.
Cinq « graines de ville » appelées à muter une à une
Le plan-guide de 2019-2022, confié au groupement Attica, a repéré cinq secteurs à enjeux, baptisés « graines de ville ». Faute de validation par les élus municipaux, ils servent aujourd'hui de base de travail à la nouvelle phase.
Du sud au nord : la « ville intense » autour de Beauséjour et Plaisance, la « ville paysage » au carrefour de la Ferrière, la « ville du lien » jusqu'à la Morlière, la « ville projet » jusqu'à Marcel Paul, avec le site Cetex à Saint-Herblain, enfin une nouvelle entrée de ville vers la porte de Sautron.
L'objectif ici est de remplacer peu à peu parkings, boîtes commerciales et fonciers sous-utilisés par des logements et de nouveaux lieux de vie. Le neuf à Saint-Herblain et à Orvault suivra ce redécoupage.
200 enseignes que la métropole ne veut pas chasser
Renouveler ne veut pas forcément dire raser, Nantes Métropole le sait très bien et multiplie déjà les projets de réhabilitation ou de requalification dans d'autres communes . La ville d'Orvault le martèle : la route de Vannes compte environ 200 enseignes et 198 000 m² de surfaces de vente. Nantes Métropole retient, de son côté, 128 000 m² de surfaces commerciales à renouveler sur un périmètre de 65 hectares.
Mais comment transformer un couloir commercial sans casser son moteur économique ? Plutôt que de disparaître, le commerce change de forme : il se glisse en rez-de-chaussée, se mêle au logement, laisse la place à des services de proximité.
Les mobilités douces à l'honneur
Le plan-guide dessine un boulevard multimodal, pensé pour les piétons et les vélos. Une voie cyclable magistrale doit courir tout le long de l'axe.
Objectif affiché : rapprocher le logement des transports et rafraîchir la rue. La métropole mise sur la végétalisation, des espaces publics plus lisibles et moins de sols imperméables.
Le projet veut aussi recoudre les quartiers situés de part et d'autre de la route, longtemps séparés par le trafic. Un axe de rupture doit devenir une couture urbaine.
L'Atelier Ruelle aux commandes, l'horizon 2050 en ligne de mire
La machine administrative est lancée depuis un moment déjà. Le 27 juin 2025, le conseil métropolitain a adopté un avis de prise en considération d'une opération d'aménagement et de renouvellement urbains sur le secteur. Elle protège une stratégie foncière dotée, fin 2024, d'un budget dédié aux acquisitions sur l'axe.
La concertation, elle, a commencé tôt. Un atelier citoyen avait rendu son avis dès le 28 janvier 2022, avant un grand débat métropolitain en 2023. En novembre 2025, Nantes Métropole a confié la coordination du projet à l'Atelier Ruelle, entouré d'une équipe pluridisciplinaire. Sa mission : piloter l'urbain, le paysage, l'économie et l'opérationnel sur l'ensemble du périmètre.
La phase opérationnelle est engagée depuis 2025. Les premières réalisations d'ampleur sont espérées vers 2030-2035, pour un aboutissement autour de 2050. La route de Vannes changera de visage lentement, sans jamais cesser de vendre.