Saint-Herblain : le réseau de chaleur Nord-Chézine s'étend

Saint-Herblain : 350 logements bientôt raccordés au réseau de chaleur Nord-Chézine

Nantes - Urbanisme & architecture - Hervé Koffel le 19/08/2026

Nantes Métropole prolonge le réseau de chaleur Nord-Chézine vers le centre de Saint-Herblain. Entre septembre 2026 et septembre 2027, 3,1 km de canalisations doivent relier 350 logements et 12 équipements publics des secteurs Bourg et Laënnec. Cette chaleur locale, produite à 80 % de sources renouvelables et de récupération, gagne ainsi de nouveaux secteurs de la commune.

Un réseau de chaleur distribue de la chaleur par des canalisations enterrées depuis une ou plusieurs unités de production vers plusieurs bâtiments. À Saint-Herblain, ce mode de chauffage n'a rien de nouveau : 2 100 logements et trois équipements publics y sont déjà raccordés, surtout autour du Sillon de Bretagne, relié en 2022. La métropole engage désormais l'étape suivante et vise des secteurs plus centraux.

Un an de tranchées entre le Bourg et Laënnec

Le tracé, détaillé par Nantes Métropole, court sur 3,1 km de nouvelles canalisations, que les équipes doivent poser sur douze mois de travaux. Au bout de la ligne : 350 logements et 12 équipements publics.

Tranchées, circulation alternée et déviations locales rythmeront l'année de travaux. Les opérations avancent par tranches : La première débutera le 21 septembre 2026 sur la VM75 Pâtissière et allée de la Bourgonnière. L'avenue de Beauregard suivra à partir du 19 octobre, puis la rue des Maures à compter du 30 novembre. La seconde tranche commencera courant 2027.

La ville a réuni les habitants en amont, lors d'une réunion publique tenue le 30 juin 2026, pour présenter le calendrier et les gênes à prévoir. L'entreprise NOVAE conduit les opérations pour le compte de la métropole. Driss Saïd, premier adjoint au maire, y a insisté sur « un enjeu important de communication » auprès des riverains.

La mairie, l'EHPAD et l'école sur le même circuit

Six équipements publics figurent parmi les premiers raccordés : l'hôtel de ville, le gymnase, la piscine de la Bourgonnière, un EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), le groupe scolaire Jacqueline-Auriol et le centre des finances publiques. Le projet en vise douze au total. Deux résidences, Hermeland et la Changetterie, soit près de 300 logements supplémentaires, font également l'objet d'un raccordement à l'étude.

Prenons une copropriété du Bourg chauffée au gaz. Sa chaufferie collective cède la place à une sous-station reliée au réseau. Plus de chaudière à entretenir en pied d'immeuble, plus d'achat de gaz au prix du marché : le syndic paie la chaleur livrée, produite pour l'essentiel à partir de ressources du territoire. Le changement reste discret pour l'usager, mais il modifie l'origine de chaque kilowattheure de chauffage. Pour un ménage en quête d'un logement neuf, plusieurs programmes neufs à Saint-Herblain intègrent déjà ce type de raccordement.

Le réseau de chaleur Nord-Chézine, alimenté par les déchets de Couëron

D'où vient toute cette énergie ? Pour une large part, de l'usine de traitement des déchets Arc-en-ciel, à Couëron. La combustion des déchets y produit une chaleur de récupération, captée puis transportée par le réseau. Philippe Weisz, responsable du pôle énergies de Nantes Métropole, décrit le dispositif comme « une sorte d'autoroute de chaleur ».

La métropole annonce un mix à 80 % d'énergies renouvelables et de récupération sur Nord-Chézine. La donnée réglementaire disponible nuance le chiffre : France Chaleur Urbaine situe le taux à 74,2 % pour l'année 2023, avec un contenu CO2 en analyse de cycle de vie (ACV) de 81 gCO2/kWh. Le réseau s'étend déjà sur une trentaine de kilomètres et compte 99 points de livraison sur cinq communes. L'extension herblinoise doit éviter 791 tonnes de CO2 par an, pour 4,1 GWh livrés, l'équivalent de la consommation électrique d'environ 1 000 foyers.

Depuis février 2026, le CHU Nord Laënnec est relié au même réseau. Avec l'Institut de cancérologie de l'Ouest et LNA Santé, ce raccordement de 1,5 km doit retrancher 3 000 tonnes de CO2 par an. Autrement dit, un hôpital et un centre-bourg se branchent sur la même canalisation.

  • Canalisations créées (extension Bourg / Laënnec) : 3,1 km
  • Logements raccordés : 350
  • Équipements publics : 12
  • Calendrier des travaux : septembre 2026 à septembre 2027
  • CO2 évité par l'extension : 791 tonnes par an
  • Déjà raccordés sur la commune (Sillon) : 2 100 logements
  • Part d'EnR&R annoncée sur Nord-Chézine : 80 %
  • Part d'EnR&R (donnée réglementaire 2023) : 74,2 %

Une facture plus stable, pas forcément plus basse

Faut-il attendre une baisse automatique du chauffage ? La prudence s'impose. Nantes Métropole met en avant un « tarif compétitif et stable », détaché des soubresauts du prix des énergies fossiles. Le raccordement à une production de proximité réduit l'exposition au gaz importé. Mais le montant final dépend des contrats, du niveau de raccordement et de la consommation propre à chaque immeuble. Le gain se mesure d'abord en prévisibilité du budget chauffage, pas en remise garantie sur la facture.

L'argument compte aussi pour l'investissement : Le raccordement à un réseau bas-carbone peut améliorer le bilan carbone du chauffage et contribuer au profil énergétique du logement, sans garantir à lui seul une meilleure classe au diagnostic de performance énergétique (DPE). Ce critère pèse de plus en plus dans le choix d'un logement, ici comme ailleurs dans l'immobilier neuf dans la métropole Nantaise. Côté fiscalité, les mêmes logements alimentent des montages en investissement locatif LMNP (loueur meublé non professionnel).

Une brique de la stratégie chaleur de la métropole

Nantes Métropole compte sept réseaux de chaleur, qui desservent désormais plus de 45 000 logements et couvrent 74 % de leurs besoins par des énergies renouvelables et de récupération. La collectivité vise 100 % de ces énergies à l'horizon 2050 et prépare neuf réseaux supplémentaires, dont celui du centre-bourg de Saint-Herblain, prévu en service fin 2027. Elsa Noblet, adjointe au maire, résume l'objectif : une « énergie locale, renouvelable et compétitive ».

Un autre chantier avance autour de Jacques-Cartier : il relève de l'extension du réseau Bellevue-Chantenay. À terme, celui-ci doit récupérer la chaleur des eaux usées traitées de la station de Tougas. Deux réseaux distincts, donc, à ne pas confondre. Pour le Bourg et Laënnec, la bascule se jouera au fil de l'année de travaux, sous-station après sous-station. D'ici fin 2027, le réseau de chaleur Nord-Chézine aura fait entrer un nouveau pan du centre herblinois dans le chauffage urbain.

Lire "Saint-Herblain : 350 logements bientôt raccordés au réseau de chaleur Nord-Chézine" sur NantesIMMO9