PLUm Nantes et ZAN : construire sans s'étendre, la métropole réécrit ses règles
Nantes Métropole a engagé le 2 octobre 2026 la troisième modification de son plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm). Son fil rouge : la trajectoire ZAN, pour zéro artificialisation nette, que la métropole décline en divisant par deux, décennie après décennie, les terres naturelles et agricoles absorbées par la ville. Les futurs logements devront donc trouver leur place, de plus en plus, dans les quartiers déjà construits.
Construire autant, avec toujours moins de champs
La collectivité s'est fixé un cap de 6 000 logements neufs par an, dont 2 000 logements locatifs sociaux, dans la feuille de route adoptée par les élus début 2024 pour le mandat 2020-2026. Elle devra les produire en grignotant toujours moins d'espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF).
La délibération n° 2026-113 qui lance la procédure en fixe les objectifs pour les 24 communes de la métropole et ouvre la concertation.
Une consommation foncière déjà nettement freinée
Sur la période récente, la métropole a consommé trois fois moins d'ENAF qu'entre 2004 et 2014, selon Nantes Métropole. Cette décennie sert de référence au PLUm, adopté en 2019.
56,5 hectares par an : c'est la surface d'ENAF urbanisée en moyenne entre 2018 et 2022 dans la métropole nantaise. L'équivalent, en ordre de grandeur, de 80 terrains de football chaque année.
La collectivité juge ce niveau encore trop élevé. Ce compteur mesure les prés, bois et cultures transformés en logements, zones d'activités ou routes. Un immeuble reconstruit sur une parcelle déjà bâtie n'y figure pas.
Zéro artificialisation nette : la trajectoire nantaise en trois paliers
La modification n° 3 décline à l'échelle métropolitaine le schéma de cohérence territoriale (SCoT) Nantes Saint-Nazaire, approuvé le 18 décembre 2025, qui fixe la stratégie d'aménagement de 61 communes. Ce document traduit localement les objectifs nationaux de zéro artificialisation nette, avec trois étapes : 2030, 2040 et 2050.
À chaque palier, le rythme de consommation d'ENAF et d'artificialisation des sols doit être divisé par deux par rapport à la décennie précédente.
L'objectif de zéro artificialisation nette en 2050, soit aucune artificialisation nouvelle sans renaturation équivalente, découle de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 dite « Climat et résilience » (article 191). Adoptée par le Sénat le 18 mars 2025, la proposition de loi « Trace », qui veut assouplir ce calendrier, n'avait toujours pas été adoptée par l'Assemblée nationale fin septembre 2026.
À noter que l'échéance de 2030 ne met pas fin aux constructions sur terrain naturel : des surfaces pourront encore être ouvertes à l'urbanisation après cette date, en quantité décroissante.
Quels terrains pourraient perdre leur vocation constructible ?
Nantes Métropole prévoit de transformer certaines zones à urbaniser (AU) en zones naturelles (N) ou agricoles (A). Des espaces naturels et agricoles aujourd'hui situés dans des zones urbaines ou à urbaniser seraient aussi mieux protégés. Les zones humides seraient mieux préservées, et certaines règles favoriseraient la pleine terre, ces surfaces ni bâties ni imperméabilisées où l'eau s'infiltre.
Au 30 octobre 2026, la Métropole n'avait pas publié la liste des secteurs concernés : elle figurera dans le dossier de concertation. Les reclassements ne s'appliqueront qu'après l'enquête publique, l'approbation par le conseil métropolitain et la publication de la délibération sur le portail national de l'urbanisme. Les propriétaires d'un terrain classé AU ont tout intérêt à consulter ce dossier.
Densification à Nantes : Mellinet et Pirmil montrent la voie
À la Métropole, l'élu chargé de l'urbanisme résume l'enjeu en une phrase.
« Elle conduit à changer progressivement la manière de construire », déclarait Anthony Descloziers, vice-président de Nantes Métropole chargé de l'urbanisme, à propos de la trajectoire ZAN le 1er octobre dernier.
La modification doit faciliter les opérations au sein des quartiers déjà urbanisés et adapter localement la hauteur des constructions, sans relèvement uniforme. Le renouvellement urbain, sur d'anciens sites d'activité ou des parcelles sous-occupées, prend le relais de l'extension.
L'ancienne caserne Mellinet, à Nantes, et le secteur de Pirmil-les-Isles, entre Nantes et Rezé, illustrent déjà ce modèle : d'anciennes emprises militaires et d'activités y deviennent des quartiers habités. Sur ce dernier site se prépare aussi le parc de la Confluence.
La modification simplifiée adoptée le 6 février 2026 avait déjà autorisé des hauteurs supérieures sur 44,5 hectares de secteurs en renouvellement urbain.
Quels changements pour les acheteurs dans le neuf ?
Pour un futur propriétaire, ce changement de modèle a bien sûr un coût. Sur les friches, la remise en état des sites, dépollution en tête, pèse lourd dans le bilan des opérations, souligne l'ADEME.
Que les acquéreurs se rassurent cependant : en règle générale, les programmes neufs à Nantes déjà autorisés restent soumis aux règles en vigueur à la date de leur permis de construire, tant que celui-ci est valide.
Un mois pour donner son avis avant l'enquête publique
La concertation préalable s'ouvrira le 18 novembre 2026 à 9 h et se refermera le 18 décembre 2026 à 17 h. Les observations se déposent sur le registre dématérialisé de la concertation, par courriel, par courrier ou sur registre papier.
La version papier du dossier sera consultable dans les 24 mairies, dans les pôles de proximité et au Département Urbanisme et Habitat de Nantes Métropole, 5 rue Vasco-de-Gama, à Nantes. Le conseil métropolitain en arrêtera ensuite le bilan, avant une enquête publique dont la date n'est pas encore connue.