Doulon-Gohards à Nantes : 183 logements et un parc en chantier

Doulon-Gohards : 183 logements et un parc lancent la nouvelle phase du quartier

Nantes - Urbanisme & architecture - Hervé Koffel le 21/08/2026

À l'est de Nantes, le projet Doulon-Gohards quitte le terrain de l'expérimentation. En 2026, l'aménageur ouvre le chantier de logements au Vallon des Gohards Nord-Est, lance le Jardin des Gohards et refait la rue des Vesprées. Une même séquence pour un quartier qui veut être habité sans cesser d'être vert.

183 logements glissés entre les pavillons et le parc

Le secteur Nord-Est du Vallon des Gohards accueillera 183 logements répartis sur dix bâtiments et deux emprises. Trois agences signent l'architecture : Atelier Belenfant-Daubas, Collectif Faro et DLW Architectes Associés. Les permis de construire, déposés en juillet 2024, ont été accordés à l'été 2025. Nantes Métropole Aménagement place le démarrage des travaux en 2026.

Le programme sert de couture entre deux tissus : Au nord, les pavillons du Vieux-Doulon. Au sud, le futur parc. Les hauteurs montent par gradation : bâtiments bas côté maisons, jusqu'à cinq étages (R+5, environ 18 mètres) face aux espaces verts. Un riverain qui longe aujourd'hui des jardins verra d'abord s'élever des volumes à sa mesure, puis un front plus dense tourné vers le ruisseau.

Ces logements ne sont pas les premiers puisqu'ils suivent les 207 déjà lancés au Nord-Ouest du même Vallon, livrables à partir de fin 2026. Deux tranches voisines, deux vitesses : l'ouest sort de terre, l'est ouvre son chantier.

Un jardin de trois hectares au fil du ruisseau

À la mi-février 2026, l'aménageur a lancé les travaux le long du ruisseau des Gohards. Le nouveau Jardin des Gohards, aujourd'hui présenté par Nantes Métropole comme un espace d'environ 3 hectares, se dessine au sud des futurs logements. Plage verte, prairie humide, bosquets et plaine de sport s'y succèdent. Un ponton d'observation est prévu au-dessus de la zone humide ; la forêt ludique, aire de jeux pour enfants jusqu'à 12 ans, doit ouvrir fin 2026.

Ce jardin est un maillon qui s'inscrit dans un parcours ligérien qui doit relier le parc du Grand-Blottereau au parc de la Verdure, à Sainte-Luce-sur-Loire, par les ruisseaux de l'Aubinière et des Gohards. La dernière portion busée du ruisseau sera remise à l'air libre en 2030. Émilie Jeanniot, cheffe de projet à Nantes Métropole Aménagement, fixe le rendez-vous : « Il sera prêt fin 2026 pour l'arrivée des premiers habitants ».

La rue des Vesprées complète la séquence 2026 : Sa transformation, engagée en avril 2026, ajoute 300 m² d'espaces verts et 25 arbres. Logements, jardin et voirie avancent donc de front, pas l'un après l'autre.

La ZAC revoit sa densité : 2 300 logements sur 180 hectares

Le Vallon des Gohards n'est qu'une pièce d'un ensemble bien plus vaste. La ZAC Doulon-Gohards couvre 180 hectares intra-périphériques. Le nouveau plan-guide prévoit désormais environ 2 300 logements, contre 2 700 dans le projet initial ayant fait l'objet de l'autorisation environnementale, dont un quart de logements sociaux et près d'un tiers en accession abordable. L'autorisation environnementale porte sur trois phases entre 2020 et 2035 ; le plan-guide actuellement affiché par Nantes Métropole fixe un horizon global 2034.

Sur ce sol maraîcher et cheminot, le quartier de Doulon revendique un modèle : la « ville fertile ». Quatre fermes urbaines ont été remises en production depuis 2020 ; cinq doivent être actives à terme. Les micro-pousses produites par la ferme Good Pousse sont notamment servies dans les cantines des 14 000 écoliers nantais. L'école bas carbone Claire-Bretécher a ouvert en 2023 ; une crèche de 60 places est attendue pour 2029. Simon Citeau, adjoint à la maire de Nantes chargé du quartier Doulon-Bottière, résume la méthode : « Nous avançons par étapes pour ne pas mettre tout le quartier en chantier en même temps ».

Les espaces naturels du secteur se répartissent entre 43 % d'espaces boisés, 27 % de terres cultivées et 20 % de zones humides, reliés par 2 kilomètres de haies bocagères. Les matériaux biosourcés apparaissent selon les opérations : béton de chanvre pour la crèche, isolant paille pour le Port des Arts Nomades, équipement culturel attendu pour 2029. Orlane Mottes, du bureau d'études Zefco, justifie l'attention portée à l'eau et aux sols : « Les sécheresses menacent la santé des écosystèmes et nos modes de vie très dépendants à l'eau potable ».

Accession abordable et bail solidaire : à qui s'adressent les logements

Au Nord-Est, les 183 logements se partagent entre 82 lots en accession libre et bail réel solidaire portés par Cogedim, 55 en accession abordable chez Coop Logis et 46 locatifs sociaux confiés à La Nantaise d'Habitations (une répartition confirmée par Nantes Métropole Aménagement). Le bail réel solidaire (BRS) dissocie le foncier du bâti : le ménage achète les murs et verse une redevance pour le terrain, ce qui abaisse le prix d'entrée et encadre la revente.

Cette même clé de mixité vaut à l'échelle de la ZAC, calée sur le programme local de l'habitat. Les îlots d'habitation, eux, sont pensés sans voiture. Pour l'acquéreur, l'arbitrage est clair : moins de stationnement privé, plus de cheminements doux et un jardin au pied de l'immeuble. Ces logements élargissent aussi l'offre d'immobilier neuf dans la métropole nantaise, à un prix d'entrée maîtrisé.

Après le recours, la justice conforte la ZAC

Bien évidemment, comme tout projet d'urbanisation, le quartier n'a pas fait l'unanimité. Des associations environnementales et plusieurs riverains ont contesté l'autorisation environnementale délivrée par la préfecture de Loire-Atlantique ; l'association Sauvons les Gohards est également intervenue dans la procédure. Les requérants dénonçaient un « vaste plan de bétonisation » et contestaient la dérogation à la destruction d'espèces protégées, l'inventaire des zones humides et le risque d'inondation.

Le 8 juin 2026, la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté la requête et validé l'autorisation. Le contraste est net : quand les opposants voient de la « bétonisation », l'aménageur oppose 110 hectares d'espaces naturels préservés au cœur de la ZAC. Me Samuel Delalande, avocat du collectif, a réagi : « Une déception au regard des enjeux et des éléments de preuve ». La décision conforte juridiquement la poursuite de la ZAC en confirmant la légalité de son autorisation environnementale.

Lire "Doulon-Gohards : 183 logements et un parc lancent la nouvelle phase du quartier" sur NantesIMMO9