ZAC de l’Union à Port Marianne : le prochain grand quartier de Montpellier entre en concertation
Montpellier ouvre une nouvelle phase de concertation sur la ZAC de l'Union, à Port Marianne. Ce projet d'une dizaine d'hectares prévoit environ 1 300 logements sur un secteur encore peu qualifié. La participation du public par voie électronique se termine le 15 octobre 2026.
Un vide urbain sur le point de se refermer
La ZAC de l'Union est la dernière grande pièce du puzzle de Port Marianne. Elle occupe un espace resté en creux, entre des quartiers déjà bâtis. La Ville veut y coudre du logement, des commerces et des bureaux.
Le périmètre court entre Parc Marianne, Jacques Cœur, Richter et les Jardins de la Lironde, sur une surface que les documents officiels évaluent entre 9 et 10 hectares selon leur date. Une ZAC, ou zone d'aménagement concerté, est une opération publique qui organise l'urbanisation d'un secteur défini. Le périmètre prévisionnel présenté à la concertation reste susceptible d'évoluer.
À l'origine, le projet portait le nom de "ZAC de la Baume", qui a été abandonné en cours de route. Sa vocation reste l'habitat, avec de la mixité sociale. Le scénario présenté lors de la concertation de 2023, non figé à ce stade, évoque environ 1 300 logements neufs pour 80 000 m² de surface de plancher. À ces logements s'ajoutent environ 20 000 m² dédiés aux activités, bureaux, commerces et services de proximité.
L'opération doit également finaliser la place Ernest-Granier, à l'angle d'Union Matériaux, et créer de nouveaux espaces publics. Deux axes seront requalifiés, l'avenue Raymond-Dugrand et l'avenue Mondial-98, tout comme le rond-point Christophe-Colomb. Le dossier de concertation détaille ces objectifs programmatiques, du nombre de logements aux contraintes du site.
Le calendrier s'inscrit dans la durée. La concertation préalable a été ouverte dès 2016, avec une première phase publique en 2018 et 2019. Une nouvelle phase s'est tenue en 2023, dont le bilan a été approuvé par le Conseil municipal le 10 octobre 2023. Depuis, une étude d'impact a été réalisée puis transmise à l'Autorité environnementale.
Vient maintenant la participation du public par voie électronique, ou PPVE. Pour ce projet soumis à évaluation environnementale mais exempté d'enquête publique, la participation est organisée par voie électronique, au titre des articles L.123-2 et L.123-19 du Code de l'environnement. Elle se termine le 15 octobre 2026.
Impact local : la dernière couture de Port Marianne
Port Marianne a poussé par vagues depuis les années 1990. Antigone avait mené la ville vers le Lez, puis Port Marianne a ouvert le sud-est à l'urbanisation. La ZAC de l'Union referme l'un des derniers vides de cette longue avancée, dans un secteur qui concentre une part de l'offre de logements neufs de la ville.
Le secteur reste cependant une charnière délicate. À l'ouest, des immeubles denses et contemporains. À l'est, autour de l'impasse de la Baume, un tissu pavillonnaire aux maisons basses. Le dossier officiel décrit un site en manque d'identité, coincé entre ces deux densités. La Ville promet une attention particulière à cette interface.
Port Marianne aligne tramway, berges du Lez, parcs et campus, ce qui en fait l'un des secteurs les plus recherchés de Montpellier. Côté prix, les données notariales DVF situent le prix moyen du quartier autour de 4 277 €/m² au 1er août 2026, tous biens confondus, sur 351 transactions. Dans le neuf, les estimations de marché montent plus haut, souvent entre 5 200 et 5 800 €/m² selon l'emplacement et les prestations, d'après des données de promoteurs datées de 2025.
Les échanges ont déjà fait remonter des points sensibles : Plusieurs contributions réclament un plafonnement des hauteurs à l'est, du côté des maisons existantes. Des habitants signalent des débordements au rond-point Christophe-Colomb lors de fortes pluies. Le dossier identifie également des contraintes de ruissellement dans le secteur, l'avenue Raymond-Dugrand étant classée en axe d'écoulement préférentiel. Ces observations déposées par le public nourrissent le débat avant la phase suivante.
À ces questions s'ajoutent la place des arbres et la pleine terre. L'acceptabilité du projet se jouera sur ces arbitrages, que la participation en cours doit mettre sur la table.
Financement : acheter dans le neuf à Port Marianne
Le calendrier de livraison de la ZAC n'est pas arrêté à ce jour. Les acquéreurs qui visent le quartier se reportent donc sur les programmes neufs déjà commercialisés à Port Marianne. Le budget dépend d'abord du prix au m² et des conditions de crédit du moment.
Montpellier est classée en zone A, ce qui donne accès aux plafonds les plus hauts du prêt à taux zéro. Depuis avril 2025, le PTZ dans le neuf est toutefois ouvert sur tout le territoire, sous conditions. Ce prêt finance une part de l'achat sans intérêts et impose d'occuper le logement comme résidence principale.
Le Programme local de l'habitat fixe des objectifs de logements sociaux et abordables auxquels l'opération devra répondre. La répartition précise entre logements sociaux, abordables et libres sera arrêtée lors des prochaines étapes opérationnelles.
Paroles d'habitants
La concertation en ligne a recueilli des avis nourris. Sur la question des hauteurs, une contribution de riverains, voisins de la résidence Les Micocouliers, est explicite :
« Tout comme les habitants des Micocouliers, dont nous sommes voisins, nous souhaitons que les bâtiments à construire à proximité immédiate de notre propriété soient d'une hauteur limitée (R+3 maximum) et n'aient pas de vues directes sur notre jardin »
Contribution publiée sur participer.montpellier.fr, concertation ZAC de l'Union
La gestion de l'eau inquiète aussi. Un Montpelliérain rappelle un point noir du secteur : « Lorsque les pluies torrentielles de Montpellier se produisent, le rond-point Christophe-Colomb est inondé, les bouches d'égout se soulèvent ».
Reste à voir comment les porteurs du projet prendront en compte ces remarques pour la suite.