LGV Montpellier-Perpignan : premier tronçon jusqu'à Béziers

LGV Montpellier-Perpignan : SNCF Réseau cherche le bâtisseur du tronçon Montpellier-Béziers

Montpellier - Transports - Hervé Koffel le 24/09/2026

SNCF Réseau a publié le 25 juin 2026 l'avis qui désignera le groupement chargé du premier tronçon de la nouvelle LGV Montpellier-Perpignan, pour une valeur estimée à 1,634 milliard d'euros hors taxes. Les engins de chantier attendront 2029 : l'automne 2026 est celui de la sélection des candidats.

Marché SNCF Réseau : le projet entre Lattes et Villeneuve-lès-Béziers

L'avis, dont Emploi LR a publié le détail le 15 juillet 2026, porte sur un marché de conception-réalisation. Son périmètre couvre la section courante de la ligne nouvelle, longue de 52,3 km.

S'y ajoutent 7 km de raccordements à la ligne classique, à Lattes et à Villeneuve-lès-Béziers. La jonction avec le contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier (CNM) en fait aussi partie.

1,634 milliard d'euros HT : valeur estimée du marché de conception-réalisation de la phase 1, conclu pour six ans.

Un seul groupement, des études jusqu'aux travaux

La conception-réalisation confie à un même opérateur l'établissement des études et l'exécution du chantier. Le montage tranche avec celui du CNM, bâti en partenariat public-privé par le consortium Oc'Via.

Quatre groupements au plus, candidatures jusqu'au 6 octobre 2026

Le conseil d'administration de SNCF Réseau a autorisé le lancement du dialogue compétitif le 4 juin 2026. Le maître d'ouvrage sélectionne d'abord des candidats sur dossier, puis affine avec eux le cahier des charges avant les offres finales.

L'avis limite à quatre le nombre de groupements admis à dialoguer. Initialement fixée au 22 septembre, la date limite de remise des candidatures a été reportée au 6 octobre 2026 à 15 h par un avis rectificatif publié le 8 septembre.

Un financement de 68,6 millions d'euros couvre la phase d'études et l'ensemble de la procédure de dialogue compétitif, jusqu'à la désignation du titulaire, prévue au premier trimestre 2029.

À l'issue du comité de pilotage du 3 juillet 2026, SNCF Réseau a détaillé la suite :

« Sur la phase 1, le lancement fin juin de l'appel à candidatures dans la procédure du marché de conception-réalisation permettra le lancement de l'appel d'offre en octobre 2026 et le démarrage des travaux en 2029, conformément au planning partagé avec les partenaires co-financeurs. »

Thomas Allary, directeur général adjoint Grands Projets de SNCF Réseau, 6 juillet 2026

La mise en service de la phase 1 est prévue à l'horizon 2034.

Le terrain se prépare malgré tout : diagnostics archéologiques à partir de mi-2026 et environ 300 sondages géotechniques programmés entre juillet et novembre 2026.

LGV Montpellier-Béziers : pourquoi la LNMP commence par ce tronçon

Le phasage, décidé par l'État en 2017, répond d'abord à une saturation. Entre Montpellier et Béziers, TGV, TER et trains de fret se partagent une seule ligne, sans place pour un train de plus aux moments d'affluence. L'autoroute A9, parallèle, est elle aussi saturée, selon SNCF Réseau.

La phase 1 crée un doublet de lignes : La voie nouvelle, mixte, accueillera voyageurs et marchandises. La ligne classique, soulagée, pourra porter davantage de TER, avec quatre trains par heure de pointe entre Montpellier et Sète.

Pour les TGV, le gain atteint 18 minutes entre Montpellier et Béziers. Le tronçon, sans gare nouvelle, concerne 18 communes de l'Hérault et compte 18 viaducs, dont celui de Poussan.

Décret n° 2023-111 du 16 février 2023 : il déclare d'utilité publique et urgents les travaux de la ligne ferroviaire nouvelle entre Montpellier et Béziers, première phase de la LNMP, et emporte la mise en compatibilité des documents d'urbanisme de 14 communes de l'Hérault.

Pour les ménages qui travaillent dans la métropole et comparent les programmes neufs à Montpellier à ceux du littoral, l'argument est concret : plus de trains du quotidien, et plus réguliers.

Qui paie la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, et combien ?

La synthèse du dossier de concertation de la phase 2 chiffre désormais la phase 1 à 2,4 milliards d'euros, aux conditions économiques de 2025.

Pour la phase 2, l'estimation va de 4,9 à 5,2 milliards d'euros pour une ligne réservée aux voyageurs, et de 6,6 à 7 milliards en version mixte voyageurs-fret. Les 6,12 milliards souvent cités correspondent à l'estimation de référence du projet complet, en euros de 2020.

Le protocole d'intention de financement de la phase 1 répartit l'effort à 40 % pour l'État, 40 % pour les collectivités et 20 % pour l'Union européenne. La part locale passe par la Société de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (SLNMP), créée par ordonnance du 2 mars 2022.

Elle réunit onze collectivités, de la Région Occitanie à Perpignan Méditerranée Métropole, engagées à hauteur de 66,7 millions d'euros jusqu'en 2028. Côté européen, la LNMP figure sur le corridor Méditerranée du RTE-T (réseau transeuropéen de transport) et a obtenu en juillet 2024 une subvention de 22,5 millions d'euros.

Train Montpellier-Perpignan : 40 minutes gagnées à l'horizon 2040

Aujourd'hui, un train direct relie Montpellier à Perpignan entre 1 h 25 (AVE) et 1 h 40 (TGV inOui). La phase 1 retranchera 18 minutes, la phase 2 environ 22 de plus, selon le même dossier.

Ce second tronçon compte 97,7 km de ligne nouvelle entre Béziers et Perpignan. Le projet de référence y prévoit deux gares nouvelles, Béziers Est et Narbonne Ouest, un enjeu direct pour qui envisage de s'installer à Béziers. Leur maintien a été remis en discussion lors de la concertation préalable.

Menée du 9 avril au 19 juin 2026, celle-ci a réuni plus de 1 500 participants en 13 réunions, près de 8 000 visiteurs en ligne, plus de 230 contributions et 60 cahiers d'acteurs. Ces chiffres sont ceux du bilan des garants de la Commission nationale du débat public (CNDP), publié le 20 juillet 2026.

Le compte-rendu des maîtres d'ouvrage, publié le 17 septembre 2026, relève un large soutien à la ligne nouvelle et une préférence nette pour la version mixte, celle qui fait grimper l'estimation de la phase 2. Selon Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, ce consensus suppose un passage en tunnel sous les Corbières.

Les cofinanceurs doivent arrêter leurs orientations fin octobre 2026. Aucun calendrier détaillé des travaux n'est encore fixé. SNCF Réseau conserve toutefois un objectif de mise en service de la phase 2 vers 2040, calendrier encore en cours de consolidation, après une enquête publique envisagée en 2030.

La suite de la grande vitesse vers Perpignan se joue donc cet automne, un dossier qui s'ajoute aux grands chantiers de la métropole de Montpellier.

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