72 nouveaux logements étudiants inaugurés dans le quartier Boutonnet à Montpellier

Montpellier : 72 nouveaux logements étudiants inaugurés à Boutonnet

Montpellier - Investissement - Hervé Koffel le 31/03/2025

En tant que meilleure ville étudiante de France, il est évident que Montpellier doit faire face à une demande croissante de logements étudiants chaque année. C’est pourquoi la ville et le Crous de Montpellier-Occitanie poursuivent leurs efforts pour élargir l’offre locative à destination des jeunes. Le 26 mars 2025, un nouveau bâtiment a été inauguré au sein de la cité universitaire Boutonnet, ajoutant plus de 70 studios modernes au parc existant. Un projet plus que bienvenu, étant donnés les besoins toujours plus pressants d’hébergement abordable, en particulier pour les étudiants.

Mais si cette inauguration est une bonne nouvelle pour la population étudiante, elle n’a pas fait l’unanimité. L’événement a été perturbé par une manifestation du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), dénonçant une prochaine augmentation des loyers en résidence universitaire. Une tension qui souligne un paradoxe : malgré les efforts des institutions pour loger plus d’étudiants, la question du coût de la vie reste un sujet brûlant.

Nous reviendrons ici sur les détails du projet, les perspectives d’évolution du logement étudiant à Montpellier et les controverses qui ont marqué cette inauguration.

Un projet ambitieux pour répondre à la crise du logement étudiant à Montpellier

Un nouveau bâtiment moderne et fonctionnel

Situé au cœur de la cité universitaire Boutonnet dans le quartier du même nom, le nouveau bâtiment H vient compléter l’offre de logements étudiants à Montpellier. Ce bâtiment de quatre niveaux, habillé d’une façade en pierre de Castries, accueille 72 studios de 19 m² chacun. Pensé pour offrir un cadre de vie confortable, il a été conçu avec des matériaux locaux et répond aux standards modernes de qualité.

Ce projet, d’un coût total de 5 millions d’euros, a été financé par un emprunt du Crous de 3 millions d’euros, complété par des subventions du Cnous, de l’État et de la Région Occitanie. Malgré plusieurs obstacles, notamment un recours des riverains retardant le chantier d’un an et la faillite de l’entreprise en charge du gros œuvre, le bâtiment a pu être livré à la fin de l’année 2024.

Depuis décembre 2024, les premiers locataires ont emménagé. Parmi eux, Noémie, étudiante à l’université Paul-Valéry, se réjouit de son nouveau cadre de vie : C’est proche des transports et très calme. Chaque matin, je vois les arbres par ma fenêtre (propos rapportés par Actu.fr).

Des tarifs accessibles pour les étudiants

Le loyer mensuel est fixé à 396 € charges comprises, mais il est réduit à 169 euros pour les étudiants boursiers après déduction des aides. Ce dispositif permet à un plus grand nombre d’étudiants aux ressources limitées d’accéder à un logement de qualité, dans un marché immobilier où les prix restent élevés.

En effet, au premier trimestre 2025, le loyer médian pour un studio à Montpellier un studio à Montpellier se situe à environ 23 €/m² (Source : Le Figaro Immobilier). Avec un loyer à 396 €, ces nouveaux appartements étudiants se situent environ 10% en-dessous de cette ligne médiane, à 20,8 €/m².

Avec cette inauguration, le Crous de Montpellier-Occitanie renforce son rôle dans l’accompagnement des étudiants en matière de logement. Toutefois, ces efforts ne suffisent pas à combler la demande toujours plus forte, alimentée par l’attractivité grandissante de la ville.

72 nouveaux logements étudiants à Montpellier – un studio étudiant aménagé
© Ground Picture – Shutterstock

L’expansion continue du parc immobilier étudiant montpelliérain

Un engagement fort pour augmenter l’offre de logements

Avec cette nouvelle résidence, le Crous de Montpellier-Occitanie porte son parc à plus de 10 400 logements étudiants. L'organisme a en effet un plan de développement ambitieux, avec pour objectif d’atteindre 11 000 logements d’ici 2027 afin de répondre à la forte demande dans une ville où moins de 9 % des étudiants bénéficient d’un hébergement en résidence universitaire, alors qu’un tiers d’entre eux sont boursiers.

Pour y parvenir, plusieurs projets sont en cours de réalisation. Dès septembre 2025, 290 nouveaux logements montpelliérains ouvriront sur le site de la Voie Domitienne. En parallèle, une résidence internationale accueillera 102 studios supplémentaires, tandis que l’ancienne école de chimie sera réhabilitée pour devenir une résidence étudiante. Au total, 542 logements devraient être livrés d’ici 2026.

« Durant la décennie 2012-2022, nous avons construit 1 820 logements supplémentaires et 629 sont programmés d’ici la rentrée 2027, dont 470 pour la seule année 2025. C’est donc une année historique pour un anniversaire car nous fêterons les 70 ans du Crous, le 16 avril prochain. Nous nous rapprochons ainsi des 11 000 logements et devenons un des premiers parcs de France. »

Sandrine Cloarec, Directrice générale du Crous Occitanie

Cet effort de construction s’ajoute à la modernisation du parc existant. Montpellier a déjà finalisé la rénovation de ses anciennes chambres universitaires de 9 m², auparavant équipées de sanitaires collectifs. Désormais, la ville cherche à proposer des logements plus spacieux et adaptés aux besoins actuels des étudiants.

En parallèle, les promoteurs immobiliers privés développent aussi de plus en plus de résidences étudiantes dernier cri, avec des services de pointe (conciergerie, salle de sport, wi-fi, laverie, cuisine partagée...) pour alimenter une offre subsidiaire. Ces logements attirent les investisseurs qui souhaitent bénéficier des avantages fiscaux du statut LMNP et déléguer la gestion du bien à l’exploitant de la résidence. Les loyers y sont généralement plus élevés, mais c’est le prix du confort de vie.

Investir en LMNP à Montpellier  

Un modèle à suivre en France

Avec ces investissements, Montpellier s’affirme comme un modèle national en matière de logement étudiant.

« [Le Crous de Montpellier] est l’un des trop rares à avoir dépassé le cap symbolique des 10 000 logements. 500 logements en production ici cette année, c’est assez exceptionnel. On en produit environ 2 000 au plan national et c’est donc un quart de la production. »

Clément Cadoret, Directeur général du Cnous

Cependant, malgré ces efforts, la demande reste bien supérieure à l’offre. Chaque année, des milliers d’étudiants peinent à trouver un logement abordable. Cette situation explique en partie les tensions qui ont éclaté lors de l’inauguration du bâtiment H, où des revendications ont émergé concernant le coût des loyers en résidence universitaire.

72 nouveaux logements étudiants à Montpellier – un étudiant ennuyé au téléphone
© Anton Vierietin - Shutterstock

Une inauguration sous tension : la question de la hausse des loyers

Une mobilisation étudiante contre l’augmentation des loyers

Si l’inauguration du bâtiment H devait être un moment de célébration pour le Crous et les institutions locales, elle a été brièvement perturbée par une manifestation d’étudiants. Une dizaine de militants du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) se sont mobilisés pour dénoncer une augmentation des loyers prévue dans les résidences universitaires.

Cette hausse, estimée à 3,26 % à partir du 1er septembre 2025, représenterait en moyenne une dizaine d’euros supplémentaires par mois pour les étudiants. Un chiffre qui peut sembler modeste, mais qui pèse lourdement sur le budget des plus précaires.

Lorris Chabert, vice-président étudiant du Crous de Montpellier, a exprimé son mécontentement face au manque de dialogue avec l’institution : Nous avions déjà bloqué une première fois le vote de cette augmentation. Le Crous a décidé de le reporter en visioconférence pour éviter notre contestation. C’est une attitude qui nous semble inacceptable.

Le préfet de l’Hérault a tout de même tenté de tempérer les ardeurs en faisant la part des choses et en soulignant que les compromis sont nécessaires pour pouvoir avancer.

« Les gens en responsabilité cherchent à vous aider. Vous vous trompez de cible. Si l’on veut avoir des crédits pour construire ce type de résidences, cela passe par la recherche de consensus. Il faut faire des choix et parfois augmenter les prix.

Dans le privé, si les Crous n’existaient pas, il n’y aurait pas ce type de résidence. Regardez autour de vous ce qui est fait pour vous. 500 logements supplémentaires, en période de crise du logement, c’est un exploit »

François-Xavier Lauch, préfet de l’Hérault

Les manifestants ont finalement pu échanger avec le maire Michaël Delafosse, qui a pris le temps de discuter avec eux après les discours officiels.

L’encadrement des loyers dans le privé

Au-delà du cas spécifique des résidences universitaires, la question du logement étudiant fait partie d’une une problématique plus large liée au coût de la vie à Montpellier. Face à une demande locative qui explose, la ville a mis en place un encadrement des loyers dans le secteur privé afin de limiter les abus de certains propriétaires.

Nous refusons que des propriétaires profitent de la forte demande pour spéculer sur le dos des jeunes, a insisté Michaël Delafosse, rappelant que Montpellier est l’une des rares villes françaises à appliquer un encadrement des loyers.

Malgré ces mesures, les difficultés d’accès au logement restent un frein majeur pour de nombreux étudiants, si bien que chaque année, un certain nombre abandonnent leurs études en partie pour cette raison. Entre les listes d’attente pour obtenir une place en résidence universitaire et les prix élevés du marché privé, la tension reste palpable. L’augmentation des loyers Crous, même modérée, s’ajoute à une inflation générale qui impacte fortement les budgets étudiants.

Lire "Montpellier : 72 nouveaux logements étudiants inaugurés à Boutonnet" sur MontpellierIMMO9