RER Bordeaux : 660 places sur la ligne Libourne-Arcachon

RER Bordeaux : des trains deux fois plus capacitaires sur l'axe Libourne-Arcachon

Bordeaux - Transports - Hervé Koffel le 11/08/2026

Le train du matin vers Bordeaux se remplit vite. Sur la ligne Libourne – Bordeaux – Arcachon, plusieurs circulations connaissent une forte fréquentation aux heures de pointe, avec des pointes mesurées entre 370 et plus de 450 voyageurs selon la Bordeaux Gazette. La réponse arrive sur les rails cet été : des trains à deux niveaux, bien plus grands. Bordeaux Métropole en fait une brique visible de son RER métropolitain, le futur réseau express régional autour de la ville.

Trois nouvelles rames Regio2N doivent être mises en circulation sur l'axe à partir de l'été 2026. Chaque rame compte 331 places assises. Lorsqu'elles roulent par deux en unité multiple, une circulation offre environ 660 places, au lieu des 330 habituelles. Un même sillon horaire transporte le double de voyageurs. L'axe traverse Bordeaux sans changement de train et relie deux bassins de vie, le Libournais et le Bassin d'Arcachon, autour de la métropole.

Regio2N : le matériel à deux niveaux qui double la mise sur la ligne 41+

Construites par Alstom, ces rames à deux niveaux répondent aux normes européennes d'accessibilité, avec une voiture dédiée aux usagers en fauteuil roulant. Sur le plan environnemental, Bordeaux Métropole avance une consommation d'énergie réduite de 20 % par rapport à un matériel de génération précédente, et un taux de recyclabilité des matériaux d'environ 90 %.

Quinze circulations sont prévues en unité multiple du lundi au jeudi, soit près de 5 000 places supplémentaires par rapport à une exploitation en rame simple. Le week-end, dix circulations de plus le samedi et dix-sept le dimanche portent l'offre à près de 9 000 places supplémentaires sur deux jours, d'après le décompte publié par la presse locale. Le samedi et le dimanche visent d'abord un public de loisirs : familles, jeunes, cyclistes en route vers le littoral.

Capacité par circulation (double composition)≈ 660 places (vs 330)
Places assises par rame Regio2N331
Circulations en unité multiple (lundi-jeudi)15 / jour, ≈ 5 000 places en plus
Places ajoutées le week-end≈ 9 000 sur 2 jours
Économie d'énergie annoncée−20 %
Recyclabilité des matériaux≈ 90 %

Pourquoi il a fallu rallonger les quais de quatre haltes girondines

Des trains plus longs supposent des quais plus longs. Sans cette adaptation, impossible de faire stationner une rame en double composition. Quatre haltes sont concernées : les travaux sont achevés à Saint-Loubès et Saint-Sulpice – Izon, où les quais ont été portés à 166 mètres et rehaussés à 55 centimètres, avec signalétique, éclairage, mobilier et passage souterrain remis à neuf. À Vayres et Bassens, les chantiers se poursuivent en 2026.

Ces travaux, portés par SNCF Gares & Connexions entre 2025 et 2026, réunissent plusieurs financeurs. La clé de répartition varie selon les opérations et les haltes, avec la participation de l'État, de la Région Nouvelle-Aquitaine, de Bordeaux Métropole et du Département de la Gironde. La préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a inauguré les haltes rénovées le 11 juin 2026, aux côtés des collectivités partenaires. La halte de Vayres, elle, fait l'objet d'un chantier programmé d'avril à septembre 2026.

Saint-Loubès, la halte qui trahit l'accélération

Saint-Loubès, commune de plus de 10 000 habitants au nord-est de Bordeaux, a vu la fréquentation de sa halte bondir de 91 % par rapport à 2019. La projection officielle table sur une hausse de 256 % d'ici 2030. Voilà pourquoi le quai a été rallongé avant l'arrivée des rames : pour un habitant qui rejoint Bordeaux le matin, cela signifie un train qui absorbe la demande au lieu de partir bondé.

À Saint-Sulpice – Izon, sur la commune de Saint-Sulpice-et-Cameyrac, la halte a compté 166 353 voyageurs en 2024, en hausse de 71 % depuis 2019, avec une progression attendue de 215 % à l'horizon 2030. Deux petites gares périurbaines, deux courbes qui montent : le train n'a plus rien de résiduel sur cet axe.

Une brique du RER métropolitain, pas le réseau achevé

Début 2026, le trafic routier reste globalement stable dans la métropole, mais les temps de parcours se dégradent légèrement, notamment sur la rocade Est. Le report vers le train répond à cette tension. Reste que le RER métropolitain, lancé en 2018 par la Région et Bordeaux Métropole, rejointes par l'État puis le Département, avance par étapes sur trois grands axes ferroviaires : Libourne–Arcachon, Langon–Saint-Mariens et le Médoc.

L'objectif d'un train toutes les demi-heures vers Arcachon suppose d'autres travaux : deux nouvelles sous-stations électriques à Gazinet et Canauley, un renfort de la sous-station de Lamothe et un poste de mise en parallèle à Marcheprime. Ce redimensionnement de la traction électrique, chiffré à 65 millions d'euros, doit entrer en service en juin 2027. Les liaisons traversantes Libourne–Bordeaux–Arcachon existent progressivement depuis 2021. Les travaux prévus à Arcachon en 2027, chiffrés à 53 millions d'euros, doivent renforcer cette diamétralisation et permettre d'augmenter l'offre.

Le chantier bouscule aussi le quotidien à court terme. La halte de Bassens n'est pas desservie du 27 avril au 28 août 2026 le temps des travaux, les voyageurs étant invités à se reporter sur Cenon ou La Gorp sans surcoût pour les abonnés. Du 29 août au 19 octobre 2026, la halte doit rouvrir, mais seuls les trains courts pourront y marquer l'arrêt pendant la poursuite du chantier. Un désagrément temporaire, contrepartie d'une capacité durablement relevée. Le budget ferroviaire du RER métropolitain atteint 680 millions d'euros sur la feuille de route, selon le chef de projet de Bordeaux Métropole, auxquels s'ajoutent les volets cars express et gares.

Bordeaux Métropole a aussi étoffé son réseau urbain avec les nouvelles lignes de tram E et F, ouvertes en décembre 2025, ainsi que l'extension des lignes A et C et la création de nouvelles lignes de bus pour désaturer le cœur de réseau. Sur l'axe Libourne–Arcachon, les Regio2N apportent une réponse immédiate là où la demande sature le plus vite le matin et le soir, avec un enjeu fort pour les trajets domicile-travail et les déplacements vers le littoral. La cadence à la demi-heure, elle, attendra les chantiers de 2027. Bien évidemment, c'est un argument supplémentaire pour l'attractivité résidentielle des communes desservies, et les travailleurs qui souhaitent trouver une alternative moins onéreuse que le marché de l'immobilier neuf en s'exportant hors de la capitale girondine.

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