Nouvel institut à Haut-Lévêque : budget et calendrier

Pessac : 13 services réunis dans le futur institut du CHU

Bordeaux - Urbanisme & architecture - Morgane Caillière le 16/10/2026

À Pessac, le visage de Haut-Lévêque va changer. Au nord de l’hôpital, près du lactarium, le futur Institut de biologie et de pathologie doit rassembler des laboratoires aujourd’hui dispersés dans plusieurs bâtiments du CHU de Bordeaux. Le 2 septembre 2026, la pose de la première pierre a donné un coup de projecteur sur cette opération, dont les travaux avaient commencé fin 2025.

La mise en service est attendue à la mi-2028. Avec ce nouvel équipement, le site pessacais doit devenir le point de convergence de nombreuses analyses réalisées pour les hôpitaux bordelais. Une réorganisation qui exige aussi de repenser les circulations, la logistique et les liens entre les services.

Treize services vont partager la même adresse

Le CHU annonce environ 15 000 m² répartis sur cinq niveaux. Sous un même toit, treize services du pôle dirigé par la Dre Agnès Georges-Walryck disposeront de locaux adaptés à leurs activités et d’équipements mutualisés. Les laboratoires doivent quitter une organisation éclatée pour travailler autour de plateaux techniques communs.

Biologie moléculaire, microbiologie, immunologie : plusieurs disciplines trouveront place dans l’institut, aux côtés du plateau automatisé de biologie médicale. L’accueil des prélèvements et les envois vers les laboratoires extérieurs seront également intégrés au bâtiment. L’enjeu consiste à rapprocher les équipes et leurs outils, dans des locaux conçus pour ces usages.

Pour les professionnels, le changement touchera autant les espaces de travail que l’organisation quotidienne. Les architectes ont aussi prévu des lieux de convivialité, au sein d’un bâtiment qui devra pouvoir évoluer avec les besoins scientifiques.

Entre la cardiologie et le lactarium, une nouvelle silhouette

Le projet a été confié à un groupement conduit par Eiffage Construction, avec TLR Architecture et Celnikier & Grabli Architectes. Son implantation doit relier deux univers : les bâtiments de soins au sud et les installations logistiques au nord.

Le défi se lit dans les hauteurs. D’un côté, le bâtiment de cardiologie et son hélistation culminent à 35 mètres. De l’autre, les constructions du secteur logistique restent plus basses. Selon TLR, l’institut formera un palier intermédiaire entre ces volumes, sans chercher à reproduire la silhouette de son imposant voisin.

Laboratoires, bureaux et espaces de stockage s’organiseront autour d’un patio central. Les concepteurs présentent l’équipement comme une future porte d’entrée du site. Sa position doit rendre plus lisible cette partie du campus hospitalier.

Les prélèvements circuleront aussi par les tuyaux

À l’intérieur de Haut-Lévêque, un réseau pneumatique reliera l’institut aux services de soins. Les prélèvements pourront ainsi circuler dans des tubes dédiés. Le bâtiment possédera également son propre accès logistique, tandis qu’une liaison avec l’hôpital Pellegrin devra assurer la continuité du service.

Ce regroupement laissera toutefois des capacités d’analyse au plus près des urgences. Un laboratoire sera maintenu à Pellegrin comme à Saint-André. À Pellegrin, une antenne d’anatomopathologie restera aussi disponible pour examiner des pièces chirurgicales pendant certaines opérations.

La nouvelle organisation associera donc une plateforme centrale à Pessac et des installations de proximité à Bordeaux. Les analyses nécessaires aux urgences resteront accessibles sur les différents sites concernés.

87 millions d’euros pour les murs et les équipements

Le budget dépasse 87 millions d’euros, selon les chiffres communiqués par le CHU en septembre 2026. Les travaux représentent 68 millions d’euros et les équipements biomédicaux environ 15 millions. Le coût du projet englobe donc la construction et les moyens nécessaires au fonctionnement des laboratoires.

Eiffage a annoncé en février 2025 un marché de conception-réalisation de 50,8 millions d’euros. Ce contrat couvre une partie de l’opération, dont le budget inclut aussi l’équipement des laboratoires. La part du groupe de construction dans ce marché s’élève à 29 millions.

Le 2 septembre, le CHU a également signé un prêt de 70 millions d’euros avec la Banque des Territoires. Cette enveloppe soutient plusieurs investissements à Haut-Lévêque, dont l’institut et le futur nouvel hôpital. Elle ne finance donc pas exclusivement le bâtiment des laboratoires.

Un chantier au milieu d’un hôpital en activité

Les travaux se déroulent sur un site occupé. L’hôpital doit poursuivre ses activités pendant la construction, avec les contraintes de circulation et d’approvisionnement propres à un établissement de soins. Le chantier doit ainsi trouver sa place parmi les bâtiments qui continuent d’accueillir patients et professionnels.

Le projet prévoit un raccordement aux réseaux de chaleur et de froid du CHU, ainsi qu’un dispositif de pilotage des consommations. Du béton bas carbone doit être utilisé pour les dallages et les planchers intermédiaires. Des matériaux biosourcés ou issus du réemploi sont également prévus.

Les aménagements végétalisés doivent contribuer au confort du site et limiter les îlots de chaleur. Entre les installations techniques et les bâtiments de soins, ces espaces paysagers accompagneront aussi les liaisons avec la cardiologie existante.

Après les laboratoires, d’autres chantiers jusqu’en 2035

La transformation du pôle hospitalier s’ajoute aux autres chantiers de la commune, comme la rénovation du quartier de Saige à Pessac.

L’institut s’inscrit dans le programme « Nouveau CHU », qui représente 1,4 milliard d’euros d’investissement. À Pessac, l’extension de la radiothérapie et la nouvelle blanchisserie figurent au calendrier 2027. Le bâtiment de médecine et de chirurgie bucco-dentaire, à Xavier-Arnozan, est également attendu cette année-là.

Le changement d’échelle suivant est annoncé pour 2032 : un nouvel hôpital Haut-Lévêque doit accueillir notamment des activités de cancérologie, de réanimation et de chirurgie thoracique et cardiaque, ainsi que des urgences. La rénovation du bâtiment de cardiologie doit se poursuivre jusqu’en 2035.

Pour accompagner ces transformations, la Banque européenne d’investissement a annoncé, le 8 juillet 2026, un financement de 269 millions d’euros. Signé fin 2025, ce prêt concerne une première phase d’investissements sur plusieurs sites du CHU.

À Haut-Lévêque, l’arrivée des équipes reste encore à chiffrer publiquement. Aucun objectif de création d’emplois n’a été annoncé pour l’institut : il s’agit d’abord de réunir des activités existantes. Le prochain rendez-vous sera leur installation dans les nouveaux locaux, en 2028.

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